19 avril 2008
Ardoise : le nouveau logiciel de fichage de la police sème le trouble
Ardoise : le nouveau logiciel de fichage de la police sème le trouble
Estelle Dumout, publié le 15 avril 2008
Tags: données privées, juridique, logiciels
Société
- Il provoque le malaise jusque dans les rangs de la police. Le
logiciel Ardoise sert à enregistrer des informations sur les personnes
impliquées dans des enquêtes, en particulier leur orientation sexuelle,
leur handicap ou leur appartenance syndicale. La Cnil est saisie.
Les fichiers de police refont parler d'eux. Au coeur de la nouvelle polémique, le nouveau logiciel Ardoise (Application de recueil de la documentation opérationnelle et d'informations statistiques sur les enquêtes) qui doit remplacer dans les prochains mois l'ancien système de rédaction des procédures dit « LRP ».
Ce système est utilisé par la police nationale pour enregistrer des informations sur des personnes impliquées dans ses enquêtes, qu'elles soient victimes, témoins ou prévenues. Ce logiciel est également connecté au fichier STIC (Système de traitement des infractions constatées).
Risque de constitution de fichiers catégoriels
Or depuis plusieurs semaines, le Collectif contre l'homophobie (CCH) reçoit de nombreux témoignages de policiers, s'inquiétant de dérives. Testé depuis le début de l'année, le logiciel Ardoise contient une rubrique « État de la personne », dans laquelle les policiers sont amenés à préciser si leur interlocuteur est « homosexuel », « transsexuel », « handicapé », « sans domicile fixe », « personne se livrant à la prostitution », « travesti », « relation habituelle avec personne prostituée », « personne atteinte de troubles psychologiques », « usager de stupéfiants », « permanent syndical », indique le CCH.
« Nous sommes particulièrement inquiets face au risque de constitution de fichiers catégoriels que ce logiciel pourrait permettre », explique le collectif dans son communiqué. « Nous partageons le malaise de nombreux policiers ; comme eux, nous avons du mal à saisir l'intérêt de la mention de certains détails et les finalités de ce profilage. »
Même son de cloche de la part du Syndicat national des officiers de Police : « Nous sommes scandalisés par ce logiciel, dont l'utilisation - en l'état - va à l'encontre des valeurs républicaines » explique au quotidien Metro, son porte-parole David Barbas.
Le ministère de l'Intérieur minimise
De son côté, le ministère de l'Intérieur veut relativiser la
portée de la collecte de telles informations : « À partir du moment où
l'infraction à un lien avec le statut de la personne, il y a un intérêt
policier à renseigner car, derrière, on améliore les élucidations de
l'enquête », précise au quotidien Gérard Maubé, adjoint au chef de
service central de documentation criminelle. « On ne pourra questionner
la victime uniquement quand l'infraction a un lien avec son statut,
dans le cas contraire, ce sera une faute professionnelle. »
Malgré
ces précisions, le CCH a décidé de saisir la Haute autorité de lutte
contre les discriminations (Halde), la Commission nationale de
l'informatique et des libertés (Cnil) et la Commission nationale
consultative des droits de l'Homme (CNCDH) pour tenter de bloquer le
déploiement du logiciel Ardoise.
Par Estelle Dumout, ZDNet France
07 mars 2008
Soutien a Georges CIPRIANI (emprisonné d’Action Directe) Liberez les tous !
Soutien a Georges CIPRIANI (emprisonné d’Action Directe) Liberez les tous !
PIERRE PAR PIERRE MUR PAR MUR
NOUS DETRUIRONS TOUTES LES PRISONS
Nous étions quatre de Clermont Ferrand a être montés a Ensisheim ce samedi 23 février pour soutenir Georges Cipriani militant d’Action Directe lors d’une manifestation organisée ce jour la (il est incarcéceré depuis 21 ans.) Deux d’entre nous avons rencontré Georges. Attente devant la porte, appel, controle d’indentité, première porte qui s’ouvre, , tourner a droite deuxième porte que l’on doit ouvrir lorsque la lumiére d’un voyant passe au vert, porte lourde trés lourde, deux étages à monter dans un escalier aux murs blancs décorés de quelques tableaux aux fresques incongrues : papillons, ciel bleu, . Autre porte ,attente que le voyant passe au vert, porte lourde, lourde. Quelques chaises pour une autre attente. Un gardien arrive et nous signifie que nous pouvons entrer , nous sommes interpellés sous le vocable de ""famille Cipriani"" pour moi j’aime ; seuls mots (si les mots ont un sens dans ce monde du dedans) . Ca y est nous sommes au parloir, des casiers sans plafond en plexiglass opaque sauf sur un demi côté donnant sur un passage ou circule en permanence un gardien , quatre chaises une petite table et une poubelle, nous sommes dans un boîte encore une. Georges reconnaît l’un de nous deux et se sont les embrassades, heureux d’être là, Georges n’a pas perdu de sa superbe, cheveux mi-longs blancs, yeux noirs pétillants d’intelligence, quel bonheur de le voir. Nos échanges sont vifs, plein d’interrogations, de discussions, il est prêt pour sa sortie que nous espérons prochaine, La vie est en lui , bouleversante entraînante.
A trés trés bientôt Georges à ta sortie à Strasbourg autour d’un demi et d’un bon repas.
A l’extérieur, 120 à 150 manifestants venus de Francfort, Bâle, Bruxelles, Strasbourg, Paris, Lille, Dijon, Clermont Ferrand,... ont montré leur détermination et leur solidarité envers Georges Cipriani mais aussi les autres militants révolutionnaires toujours emprisonnés comme Régis Schleicher ou encore Georges Ibrahim Abdallah aux cris de "Liberez les tous", "21 ans ça suffit, libérez Cipriani", "Liberté pour nos Georges", "solidarité internationale", ... et autres messages de soutien.
Marie, Seb
Leur écrire :
Georges Cipriani 4364/1239 MC Ensisheim 49, rue de la 1re Armée, 68190 Ensisheim
Régis Schleicher 10163 CP Clairvaux 10310 Ville-sous-la-Ferté
pour tout soutien nlpf@samizdat.net
04 mars 2008
L'UIMM aurait financé l'extrême droite étudiante en 1974
L'UIMM aurait financé l'extrême droite étudiante en 1974
NOUVELOBS.COM | 04.03.2008 | 12:55
L'organisation patronale aurait notamment versé des fonds en liquide aux colleurs d'affiches du GUD dans le cadre de la campagne présidentielle de Valéry Giscard d'Estaing, en 1974. Les groupuscules Occident et Ordre Nouveau seraient également concernés.
Selon une information révélée par le Figaro, mardi 4 mars, une partie des fonds secrets de l'Union des Industries et Métiers de la Métallurgie (UIMM) pourrait avoir transité, dans les années 70, par des mouvements étudiants d'extrême droite, Occident, Ordre Nouveau et le GUD (Groupe Union Droit devenu Groupe Union Défense). Le quotidien révèle que ce dernier aurait notamment reçu des enveloppes d'argent liquide pour payer des colleurs d'affiches durant la campagne de 1974, ce qui aurait indirectement servi l'élection de Valéry Giscard d'Estaing.
Cette théorie est née le 13 février dernier lors de l'audition du délégué général adjoint de l'UIMM, Dominique de Calan, mis en examen dans le cadre de l'enquête sur les caisses noires de l'organisation patronale. Face aux enquêteurs de la brigade financière, Dominique de Calan avait évoqué des "organismes universitaires" qui auraient bénéficié des fonds en liquide distribués par l'UIMM.
"Seuls quelques naïfs…"
Le juge Roger Le Loire, en charge de l'instruction, a donc décidé de convoquer, à titre de témoin, Yves Bertrand, directeur central des Renseignements généraux (RG) entre 1992 et 2004, explique le Figaro.
Dans son livre "Je ne sais rien mais je dirai presque tout", sorti à la rentrée 2007, cet ancien policier affirme que "seuls quelques naïfs croient encore que Giscard a pu mener campagne, en 1974, avec les maigres moyens des Républicains indépendants : sa logistique, son service d'ordre, ce sont les “petits gars” d'Ordre nouveau qui les ont assurés, grâce aux enveloppes en liquide de l'Union des industries métallurgiques et minières, la fameuse UIMM, dont la gauche ne s'est jamais privée de rappeler qu'elle descendait de l'ancien Comité des forges, le bastion des 200 familles".
Interrogé lundi soir par le Figaro, l'ancien directeur des RG va encore plus loin. "Ce que j'ai écrit pour VGE est valable pour toute la classe politique. Le patronat saupoudrait tous ceux qui pouvaient avoir une responsabilité locale ou nationale", assure-t-il.
"Un raccourci un peu intrépide"
Joint lui aussi par le quotidien, l'ancien ministre Alain Madelin, ancien membre d'Occident puis membre de l'équipe de campagne de Giscard, affirme que "la thèse d'Yves Bertrand est un raccourci un peu intrépide. Que l'UIMM soutienne Giscard via le CNPF (l'ancien Medef), pourquoi pas ? Mais qu'ils aient payé directement le GUD, c'est absurde."
De son côté, Valéry Giscard d'Estaing a assuré n'avoir jamais eu connaissance de tels financements. "Qu'un mouvement d'extrême droite puisse coller mes affiches de campagne relève de l'invraisemblable", a-t-il dit au Figaro.
D'un point de vue juridique, le financement d'un mouvement étudiant ou politique présente un risque important pour les dirigeants de l'instance patronale qui ont toujours assuré que les fonds étaient distribués dans le cadre de pratiques institutionnalisées au sein de l'UIMM.
Couvert, selon lui, par la loi Waldeck Rousseau de 1884 sur le statut des syndicats, Denis Gautier-Sauvagnac a, lui, toujours répété que les fonds débloqués par l'UIMM étaient destinés "aux représentants des organismes participant à la vie sociale de notre pays".
L'enquête continue
Face à toutes ces explications, le juge d'instruction Le Loire veut désormais en savoir plus. Il devrait notamment entendre Yves Bertrand le 13 mars pour éclaircir la possibilité d'un financement de mouvements étudiants. Parallèlement, la brigade financière doit continuer ses vérifications jusqu'à la fin du mois de mars pour tenter de savoir où sont allés les 18,9 millions d'euros sortis des caisses de l'organisation patronale entre 2000 et 2007.
28 février 2008
Appel Universitaire antifasciste de poitiers
Appel Universitaire antifasciste de poitiers
Nous, militants antifascistes et antiracistes, réaffirmons nos idéaux face à la possible intégration de M. Benoît Fleury dans le corps professoral de l'UFR Droit et Sciences Sociales de l'Université de Poitiers.
Il estde notre devoir de sauvegarder la qualité des savoirs de l'Université et de refuser l'entrée en son sein, de l'ancien président d'un groupement d'extrême droite, le GUD, ayant cautionné voire encouragé à la haine et la violence envers des idées politiques mais également des communautés ethniques et religieuses.
Nous refusons que cet individu, camouflant juste assez son antisémitisme pour éviter les poursuites judiciaires, maintes fois condamné à des peines de prison avec sursis pour violences, puisse choisir librement son affectation sous prétexte qu'il s'est offert une respectabilité en étant major de l'agrégation en histoire du droit.
Seulement, devant l'indulgence envers l'extrême droite dont fait preuve le Président de la République, qui seul peut décider de l'affectation de M. Fleury, il est a craindre que ce dernier puisse prendre ses fonctions à l'université Poitiers dès la rentrée prochaine et ainsi favoriser l'affluence d'une microsphère fasciste.
Il semblerait que le dernier recours soit le président de l'Université de Poitiers, Jean-Pierre Gesson qui, grâce à la loi relative aux libertés et responsabilités des universités (LRU ou loi Pécresse), détient seul le pouvoir de s'opposer à cette nomination.
Nos associations tiennent à réaffirmer leur détermination à défendre l'intégrité de l'Université de Poitiers en s'opposant, par tous les moyens qu'elles jugeront nécessaires, à l'arrivée de Benoît Fleury au sein de notre Université.
Organisations signataires :
CRAC, CNT-FAU université de poitiers, SKALP 8.6, RASH 86
RAMA YADE GAZE LES SDF....
LA MINISTRE DES DROITS DE L' HOMME
POUR L' EXPERIMENTATION DES REPULSIFS SUR LES SDF !
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25 février 2008
L’ex-chef du GUD, agrégé de droit, trouble l’université
L’ex-chef du GUD, agrégé de droit, trouble l’université
Jamais les résultats d’un concours de l’enseignement supérieur n’avaient provoqué un tel séisme. Le 9 février, Benoît Fleury, l’ex-chef du GUD, violent groupuscule d’extrême droite, a été reçu major de l’agrégation en histoire du droit, le propulsant dans le cénacle universitaire. Passé le choc, la mobilisation s’organise. Fait rare, dans une déclaration publique, douze professeurs de droit s’inquiètent pour «le rayonnement» de leur discipline, tandis qu’à Poitiers, où il devrait être nommé, des étudiants lancent une pétition contre sa venue.
Benoît Fleury, 31 ans, s’est fait connaître comme patron du GUD (Groupe union défense ou droit, selon les versions) de 1995 à 2000 à Assas, haut lieu de l’extrême droite universitaire à Paris. Créé en 1968 et dissout au début des années 2000, le GUD est un mouvement ouvertement raciste et antisémite redouté pour sa violence.
«Lord» - le surnom de Fleury - revendique alors haut et fort sa fibre «fasciste, au sens italien du terme» et son admiration pour le national-socialiste belge Léon Degrelle, dans l’Echo des Savanes en 1999. Surtout il aime la baston. Il est à plusieurs reprises exclu d’Assas pour agressions, injures racistes, manifestations antisémites, etc. En 1998, il écope de trois mois de prison pour avoir attaqué d’autres militants d’extrême droite.
Amnistiées.
Mais depuis le début des années 2000, il semble s’être rangé, après une ultime bataille, perdue, pour obtenir une bourse et un poste à Assas. Il a fait une thèse sur L’abdication dans le droit public européen de l’époque moderne, sous la direction de Jean-Marie Carbasse, un universitaire respecté et classé à droite. Il est devenu chargé de travaux dirigés à Rouen, puis maître de conférences à Montpellier-I. Ses condamnations ont par ailleurs été amnistiées, lui permettant de présenter un casier judiciaire vierge à l’agrégation d’histoire du droit, un concours qui se déroule tous les deux ans.
Mais pour les étudiants de Poitiers, une université très engagée durant la lutte contre le contrat première embauche et, l’an dernier, contre la loi sur l’autonomie des universités, le passé pèse trop lourd. «Il incarne une droite extrême et nauséabonde», écrit la pétition qui circule sur le Net (www.poitiersditnon.fr), «l’Université de Poitiers et son UFR [ faculté, ndlr ] de droit, le plus vieux de France, tiennent à garder leur honneur et leurs valeurs humanistes et républicaines.»
Prudents, les douze professeurs d’université (1) qui ont signé une déclaration (voir Libération.fr) soulignent qu’ils ne remettent nullement en cause le jury du concours qui a décerné la première place à Fleury. Mais ils rappellent que la loi «réprime les actes et discours racistes, antisémites et négationnistes et que les enseignants d’une discipline à la fois historique et juridique doivent se sentir particulièrement responsables du respect des dispositions destinées à protéger la dignité humaine contre la haine et le mensonge». Ce qui inquiète le plus est le silence de Benoît Fleury, que Libération a cherché à joindre. Les sites d’extrême droite ont salué sa réussite à l’agrégation, comme s’il restait l’un des leurs. Lui-même ne s’est jamais dédit. En 2005, il contestait encore auprès du Conseil d’Etat - qui l’a débouté - le refus de la présidence d’Assas de lui décerner une allocation de recherches.
Veto.
«Nous ne deviendrons pas un deuxième Lyon [Lyon-III fut un bastion universitaire du révisionnisme, ndlr] , assurent les étudiants de Poitiers. Lundi, la question doit être évoquée lors d’un conseil d’administration. Le représentant étudiant, Stéphane Séjourné, va demander au président de s’opposer à la nomination de Fleury. «La nouvelle loi nous donne bien un droit de veto, mais pas sur les postes des agrégés du supérieur comme lui», explique le président Jean-Pierre Gesson. «Nous aurions préféré qu’il aille ailleurs», poursuit-il, allusion au fait que Fleury avait d’abord songé à Nîmes, et aux tensions au sein de son université, «mais je ne peux rien faire si ce n’est rappeler que nous avons des règles et qu’en cas de dérapage, je recourrai au conseil de discipline». Fleury devrait être reçu jeudi par le doyen de la fac de droit, s’il ne s’est pas découragé d’ici là.
(1) P. Arabeyre, J-M. Augustin, M. Bouvet, C. Bruschi, D. Deroussin, N. Dockes, F. Garnier, E. Gasparini, J-L. Halperin, C. Lauranson-Rosaz, C. Leveleux-Teixeira, J. Poumarede.
EN SAVOIR PLUS : http://reflexes.samizdat.net/spip.php?article117
13 octobre 2007
TRACT ALTERNATIVE LIBERTAIRE
Riposte sociale
Cassons leur arrogance
Le capitalisme se radicalise, radicalisons notre opposition. Chacune des mesures du « nouveau contrat social » détaillé par Sarkozy peut se résumer à ce principe : voler aux classes populaires pour donner aux riches. La journée d’action du 13 et la grève du 18 octobre peuvent être le point de départ d’un mouvement d’ampleur.
En quelques mois, le pouvoir est pris d’hyperactivité et il serait fastidieux d’énumérer toutes les attaques simultanées qu’il a lancées. Primo, il baisse des impôts pour les riches et des cotisations patronales aux organismes de Sécurité sociale ; secundo, il s’alarme qu’il n’y a plus d’argent public ! Tertio, il se lance dans le hold-up généralisé : franchise médicale ; déréglementation des 35 heures, des heures supplémentaires et allongement de fait de la durée du travail ; précarisation des contrats de travail et programmation de la disparition du CDI ; baisse des indemnités chômage et flicage renforcé des privé(e)s d’emploi avec la fusion ANPE-Unedic ; universités ; casse des régimes spéciaux de retraites qui ne dérangeaient personne sauf le pouvoir, pour des raisons idéologiques… Enfin il assure au patronat de certains secteurs industriels qu’il pourra continuer à faire travailler au noir une main d’œuvre esclave, en refusant de régulariser les sans-papiers et en sortant du chapeau un projet d’« immigration choisie » aussi illusoire que cynique.
Trop c’est trop. Même le Medef, qui n’en demandait pas tant, est quelque peu saisi d’ivresse euphorique. Face à cela, les travailleuses et les travailleurs que nous sommes resteront-ils hébétés, craintifs, sans savoir sur quel pied danser ?
Lutter plus pour gagner plus
Disons-le clairement : oui, nous voulons gagner plus. Oui, nous en avons assez de perdre notre vie à la gagner. Et non, nous ne voulons pas occuper un emploi jusqu’à 65 ou 70 ans, alors qu’il y a déjà des millions de chômeuses et de chômeurs.
Tout ce que nous acceptons en baissant la tête, conduit à creuser les inégalités : d’abord entre la masse des salarié-e-s et la poignée de capitalistes qui dictent leur loi (Pinault, Lagardère, Arnault, Parisot, Michelin, etc.). Ensuite au sein même des salarié-e-s, entre ceux qui ont emploi, et ceux et celles qui n’en ont pas ou, pire, ne parviennent pas à vivre décemment de leur travail.
La « négociation » c’est pour amuser la galerie
Sarkozy a habilement appelé au « dialogue social » avec les organisation syndicales, tout en affirmant qu’il ne transigerait « ni sur les objectifs ni sur les principes ». Il espère ainsi dégager un pôle de partenaires sociaux dociles. Il faut être clair : les salarié(e)s n’ont pas besoin d’une concertation avalisant la régression mais d’un mouvement social d’ensemble !
La grève du 18 octobre appelée par les fédérations syndicales du rail, et à laquelle d’autres secteurs (Énergie, RATP, Fonction publique) se sont joints, constitue un point d’appui pour une plus large mobilisation.
La « gauche » est morte, ne comptons que sur nous-mêmes
Le PS est autodétruit ou satellisé par l’Élysée… et c’est tant mieux ! Car cela dissipe toute illusion et nous oblige à prendre, tous et toutes ensemble, nos responsabilités. Attendre les prochaines élections pour se « défouler » en votant contre Sarkozy, ce n’est pas cela qui fera trembler le Medef ! L’alternative c’est nous tous et toutes qui l’avons entre les mains. Ce dont a besoin cette société déprimée, c’est d’un nouveau Décembre 95, d’un nouveau mouvement anti-CPE, d’un nouveau Mai 68. Ce dont nous avons tous et toutes besoin, c’est de dire « non » au capitalisme et de préparer les conditions d’une transformation de la société.
Où est passée la caisse ?
Le gouvernement nous fait croire qu’il est vital de baisser les cotisations sociales
des entreprises, afin qu’elles « créent des emplois ». Après vingt-cinq ans d’exemptions, d’exonérations et de fraude tolérée, le chômage n’a guère reculé, au contraire !
En revanche, les profits des capitalistes, eux, ont explosé ! Encore +15% de croissance des bénéfices pour les entreprises du CAC40 en 2006 ; +35% de revenu pour les actionnaires en moyenne… heu combien pour les salaires déjà ?
14 septembre 2007
Manif anti Sarko à Rennes : vidéo.
http://www.dailymotion.com/Stourm/video/x2ypoy_je-me-fous-des-bretons-manif-antisa_politics
21 juin 2007
"La délinquance est le fait des immigrés"
Par Koceila Bouhanik
Le bilinguisme est le lit de la délinquance chez les populations immigrées. Voilà en teneur la saisissante équation théorisée par Jacques-Alain Bénisti, député UMP [1] du Val de Marne et maire de Villiers-sur-Marne. Le député-maire français est également président d’une Commission parlementaire [2] chargée d’enquêter sur les moyens à mettre en œuvre pour prévenir la délinquance et qui a à cet effet présenté un pré-rapport très controversé, dans lequel elle affirme que le bilinguisme des populations immigrées est à l’origine de leur délinquance. Afrikréagir à la parution du pré-rapport, mais la démarche ne suffisait pas. Pour mieux comprendre, nous sommes allés à la rencontre du principal intéressé. C’est un député affable et cordial qui nous a reçu dans son cabinet de l’Assemblée nationale, mercredi 9 mars. Affable, certes, mais toujours aussi convaincu du bien-fondé de son pré-rapport. Près de deux heures d’entretien pour une conclusion toujours aussi dérangeante au final. ne pouvait que
Afrik.com : Avant tout, précisons
que le pré-rapport remis au ministre de l’Intérieur en novembre dernier
est une simple mouture. A quand la version finale ?
Jacques-Alain Bénisti : Pour très bientôt. Le rapport définitif paraîtra certainement en octobre ou novembre.
Afrik.com : Votre pré-rapport a
été très décrié dans la presse et sur Internet. On vous reproche
notamment de stigmatiser les populations étrangères et d’origine
étrangère. Quelle est votre position concernant ces accusations ?
J-A. Bénisti : Soyons clairs. La délinquance est
majoritairement le fait des immigrés. Selon l’Observatoire national de
la délinquance, il y a une augmentation impressionnante des délits
commis par les jeunes issus de l’immigration. Je n’invente rien, les
chiffres sont là. Sachant cela, deux solutions s’offrent à nous : soit
on n’en parle pas, soit on règle le problème.
Afrik.com : A quoi est dû cet état de fait selon vous ?
J-A Bénisti : En fait, la politique française de
l’immigration a échoué. Toutes les solutions n’ont pas été données aux
immigrés et, aujourd’hui, on en paye le prix. C’est dans cette optique
que la proposition de loi intervient.
Afrik.com : Supprimer le bilinguisme pour supprimer la délinquance... ?
J-A Bénisti : Il ne s’agit en aucun cas de supprimer le
bilinguisme. Mais le schéma est le suivant : sur une semaine complète,
soit 168 h, un jeune d’origine étrangère entendra parler 28 h de
français à l’école et 140 h du dialecte de son pays à la maison.
Forcément, il va finir par connaître des difficultés scolaires et au
bout du compte, décrocher, se replier sur lui-même. Ce qui entraînera
encore une augmentation de son retard. Plus grave encore, non seulement
ce jeune en difficulté fait des bêtises, mais il nuit aux autres
élèves, les faisant même régresser. Mais à force de fustiger le cancre,
de l’isoler, son besoin d’exister va trouver son épanouissement dans la
délinquance. On peut d’ailleurs le constater par l’augmentation de la
délinquance mineure depuis 1996. En ce qui concerne la langue, le jeune
ne doit toutefois pas perdre de vue ses origines et son dialecte
maternel, comme l’arabe par exemple ou le “ gambara
” (regardant sa collaboratrice), comment dit-on déjà ? Cependant, et
j’insiste sur ce point, son apprentissage ne doit se faire qu’à partir
de 12 ans, lorsque l’on est sûr que le jeune maîtrise parfaitement
notre langue, le français.
Afrik.com : Vous voulez
certainement parler du bambara, Monsieur Bénisti. Toutes les études
convergent pourtant vers la même conclusion : la langue, comme élément
de l’identité, reste fondamentale dans la construction d’un individu.
Alors plus encore qu’une question de langue, la délinquance ne
tiendrait-elle pas à d’autres facteurs plus notables, comme les
difficultés économiques ou la démission des parents ?
J-A. Bénisti : Il y a, bien entendu, divers facteurs qui
interviennent dans le parcours d’un délinquant et ceux-ci en font
partie. La principale raison reste néanmoins la difficulté d’apprendre
la langue, à laquelle s’ajoutent des problèmes d’éducation, notamment
chez les Maghrébins et les Africains. En fait, les problèmes se
cumulent et les difficultés se manifestent de manière concrète. Par
exemple, bon nombre de jeunes ne peuvent passer le permis de conduire à
cause de la barrière linguistique et ont donc plus de mal à trouver un
travail.
Afrik.com : Dans ce cas, concrètement, quelles sont les solutions que vous proposez d’apporter ?
J-A. Bénisti : Il ne s’agit pas de jeter la pierre aux
écoles, mais dans toutes les Z.E.P (Zones d’enseignement prioritaires,
ndlr), on envoie des jeunes enseignants qui finissent par saturer de
trop de problèmes. Dans ce pré-rapport, nous proposons la création
d’une structure au sein de l’école, qui offrirait un programme
d’alphabétisation et d’accompagnement des élèves difficiles par un
personnel professionnel et adapté : pédopsychiatres, psychiatres,
médecins scolaires, professeurs, etc. L’acteur principal de cette
structure, avec le jeune en difficulté, serait le référent, qui
pourrait être un enseignant à la retraite, chargé de surveiller et de
superviser un petit groupe d’élèves difficiles. Ce programme pourrait
éventuellement concerner les jeunes dyslexiques, les jeunes en
situation familiale difficile ou en échec scolaire, mais resterait
essentiellement basé sur les jeunes immigrés car, comme je vous l’ai
dit, la délinquance est causée par ces mêmes jeunes. Le maire doit être
au cœur du dispositif car il connaît sa population et les
problématiques qui la concernent. Il interviendrait en cas de danger de
mort, d’inceste, de pédophilie, etc. Les travailleurs sociaux devraient
en conséquence partager leur secret avec lui : c’est la notion de
secret partagé. A partir de cela, le maire pourrait décider d’un
placement par exemple.
Afrik.com : N’est-ce pas là le rôle d’un juge pour enfants ?
J-A. Bénisti : Non, pas spécifiquement. Bien souvent, les
travailleurs sociaux hésitent à solliciter un juge. Le maire, qui
connaît bien ses administrés, constitue un excellent intermédiaire et
déciderait immédiatement de la marche à suivre, dans les cas graves
uniquement. Car les familles africaines ne reconnaissant qu’une
autorité : “ Le chef de la tribu ”, en l’occurrence, le maire, qu’ils
écoutent. Ce système éviterait bien des procédures longues et
fastidieuses.
Afrik.com : Vous revenez également beaucoup sur le rôle de l’enseignement professionnel et de l’internat dans votre rapport...
J-A. Bénisti : Les internats sont des structures idéales
pour rectifier le tir, et non des lieux de stockage des jeunes en
difficulté, comme me l’a reprochée une mauvaise presse. En ne revenant
que le week-end dans un environnement peu propice à son épanouissement,
le jeune ne peut pas tomber dans la délinquance. Quant à l’enseignement
professionnel, il rentre en ligne de compte uniquement quand toutes les
autres solutions ont échoué. Dès la sortie de l’école primaire, au lieu
de suivre le cycle normal, le jeune de 12 ans entrerait dans une
Faculté des métiers, qui sont l’équivalent du C.A.P (Certificat
d’aptitude professionnelle, ndlr). En trois ans, il apprendrait à lire,
écrire et compter correctement. Pas d’encombrement inutile avec
l’histoire, la philosophie, l’anglais ou autre, car ces matières ne lui
plaisent pas. Doué de ses mains, il pourrait apprendre le travail du
bois, du fer, l’informatique, l’électronique, l’électricité, etc. Tous
ces métiers manuels dont nous avons besoin, en somme. La première
année, il apprendrait les fondamentaux, pour savoir au moins faire une
lettre d’embauche correcte. A 14 ans, il commencerait l’apprentissage
de tous les métiers que propose la Faculté. Puis à 15 ans, il pourrait
choisir sa voie définitive et faire des stages en entreprise. Enfin, à
16 ans, il entrerait dans la vie active ou continuerait d’aller à
l’école. Il faut également souligner l’importance du sport, car le
sport peut sauver. Prenons le cas des sports collectifs. Ceux-ci
inculquent un esprit d’équipe, une logique de règle. Ils permettent de cadrer
les jeunes. Les arts martiaux participent aussi à cet état d’esprit et
enseignent une maîtrise et une philosophie de vie. Ils permettent
également de récupérer le jeune.
Afrik.com : Quand vous dites “ cadrer ” le jeune et le “ récupérer ”, sous-entendez-vous un contexte de délinquance ?
J-A. Bénisti : Oui. Et à ce titre, il existe une
graduation de la délinquance. Pour la replacer dans l’idée du
bilinguisme, il y d’abord la consommation de drogues douces, le “ shit
”, pour se valoriser. En effet, le jeune qui a des problèmes
d’élocution consomme du shit car il lui permet de mieux s’exprimer.
Ensuite vient l’escalade et le jeune se met aux drogues dures.
Afrik.com : Dans le pré-rapport, la courbe (cf page 7 du pré-rapport)
occupe une place centrale puisque c’est autour d’elle que s’articulent
les explications qui suivent. Quelles en sont les sources ? Quelles
études ont été menées sur le sujet, sur quelle longueur de temps et sur
quelles populations ?
J-A Bénisti : Ce sont les faits de police qui ont permis
d’établir les statistiques de la courbe qui reposent sur toutes les
catégories de délinquance par degrés, selon les âges. Les pointillés
qui relient la courbe déviante d’un délinquant au parcours normal d’un
jeune sont les succès enregistrés de rattrapage des jeunes. Plus les
faits de délinquance sont graves, plus il est difficile de les
récupérer.
Afrik.com : Vous êtes également
maire de Villiers-sur-Marne. Quelles sont les actions que vous menez
pour pallier les problèmes d’intégration ?
J-A. Bénisti : Intégration signifie la fin de la
délinquance et la fin de la délinquance signifie la fin du racisme.
Récemment, le poste de police s’est fait attaqué au cocktail Molotov
par une bande de jeunes Africains accompagnés de quelques Maghrébins.
Imaginez ce que peuvent alors penser les personnes qui regardent ce
triste spectacle par leur fenêtre. En tant que maire de
Villiers-sur-Marne, j’ai créé des cours d’alphabétisation, pour les
femmes maliennes notamment, et, déjà, il y a des tentatives d’instaurer
le français à la maison. Toutefois, les maris maliens sont assez
réticents et préfèrent apprendre le “ bamboula ”
(lapsus de J-A. Bénisti qui voulait dire bambara, ndlr) à leurs
enfants. Les femmes doivent donc trouver des solutions cachées pour
continuer à parler français et parler français à leurs enfants. Lors du
naufrage de l’Erika, j’ai envoyé des jeunes de la ville nettoyer les
plages en échange d’un travail, si tout se passait bien. Hormis un seul
que j’ai mis à l’écart à cause d’un petit vol, chacun a respecté sa
part du contrat. J’ai donc tenu parole et placé les autres dans les
équipes de la mairie. Certains constituent les équipes de « détaguage »
(enlever les graffitis, ndlr), d’autres sont dans la sécurité, et
d’autres encore ont réalisé leur projet d’ouvrir une boucherie hallal.
Je les prends comme des modèles de réussite pour les autres. Quant aux
réunions de citoyens et des communautés de la ville, elles nous
confirment une chose indiscutable. Par exemple, les Béninois de
Villiers sont tout à fait conscients de l’importance d’apprendre
impérativement le français aux enfants et plébiscitent largement notre
démarche. Ceci est aussi valable pour les Congolais et les Ivoiriens,
qui sont par ailleurs très attachés à la France. Il est vrai que le
français est déjà incorporé dans l’éducation des parents donc le
transmettre aux enfants n’est pas un problème.
Afrik.com : Ce modèle ne peut-il pas s’adapter aux autres communautés, comme celle des Asiatiques par exemple ?
J-A Bénisti : Non, pas vraiment. Chaque origine a sa
spécificité. La France doit s’adapter. Par exemple pour la communauté
Tamoul, la donne change : l’individu doit s’épanouir dans le travail, à
l’identique de toutes les communautés asiatiques. Ils parlent français
avec l’enfant, mais lui enseignent également le tamoul, de même que
l’arabe pour comprendre le Coran. Et c’est par un travail acharné que
l’enfant acquiert toutes ces langues. Quand les autres jouent, lui ne
s’amuse pas, il travaille et ne s’arrête que pour manger. Bien souvent
d’ailleurs, les Tamouls ou les asiatiques sont premiers de la classe,
tout en maîtrisant plusieurs langues. Ce qui n’est pas le cas des
Maghrébins ou d’autres.
Afrik.com : Et les parents dans tout ça ?
J-A Bénisti : Beaucoup d’enfants égale beaucoup
d’allocations. Je propose dans le rapport de sanctionner pécuniairement
les parents dans l’intérêt de l’enfant car les pères de famille sont
sensibles à cet argument. Il faut travailler avec les parents et tenir
compte des réalités de chaque famille. Fréquemment, la mère est seule
car le père est parti au pays ou avec une autre femme. Il y a un manque
évident d’autorité. On doit donc aider la mère, qui ne serait jamais
sanctionnée financièrement, bien sûr. En fait, il faut faire prendre
leurs responsabilités aux mères par une politique de peur et par une
politique de pression financière vis-à-vis du père. Cette “ Epée de
Damoclès ” est la seule efficace pour inciter les pères à écouter.
Afrik.com : Sur combien de temps ces mesures seraient-elles appliquées ?
J-A. Bénisti : Ces mesures seraient à mettre en place sur
un long terme. Au final, le problème de la délinquance serait
certainement réglé définitivement en 20 ans. Certes, cela est long,
mais il faut penser aux générations futures. Quant au budget que les
mesures représentent, il revient moitié moins cher que ce que coûte
aujourd’hui la délinquance.
Afrik.com : Projet ambitieux.
Enfin, évoquons les annexes, qui occupent une place non négligeable
dans le pré-rapport. Quel est leur lien avec le bilinguisme ?
J-A Bénisti : Les annexes concernent les propositions
d’une entreprise de sécurité de sites nucléaires pour la protection des
espaces et des personnes dans les cités sensibles et n’ont strictement
rien à voir avec le rapport. Elles ont simplement été incluses dedans
et envoyées au ministre, qui ne les a d’ailleurs pas retenues.
Lire aussi :
Bilinguisme et délinquance : le rapport Bénisti
Consulter le pré-rapport Bénisti
[1] Union de la Majorité Présidentielle, parti de droite au pouvoir
[2] 17 membres, dont 14 de UMP, deux du Parti Socialiste (PS) et un de l’Union pour la Démocratie Française (UDF)
Note du blogmaster aux lecteurs : toutes mes excuses pour les liens publicitaires, dont l'un particulièrement sexiste liés à ce message et impossible à supprimer.:-(
08 juin 2007
REUNION PUBLIQUE DE LA FEDERATION ANARCHISTE
Le groupe "la sociale" de la Fédération Anarchiste organise une réunion publique le
Mardi 19 JUIN à 20H30 à la MAISON DE QUARTIER DE VILLEJEAN,
2 rue de bourgogne à rennes, sur le thème: "Après la foire électorale, quelles perspectives sociales?".
Après une classique présentation du groupe, nous repartirons du contexte post-électoral pour tracer des perspectives sociales et
politiques émancipatrices.
















