Rude Roazhon

L'actualité libertaire politique, syndicale, associative, musicale, culture à Rennes . TOUJOURS ANTIFASCISTES, ANTICAPITALISTES TOUJOURS !

18 avril 2008

JO DE LA HONTE : La mobilisation au jour le jour

bandeau_pekin_2008

Mobilisation au jour le jour

17.04 - La Chine appelée à ne pas renvoyer les réfugiés nord-coréens dans leur pays

Avant les Jeux olympiques, des parlementaires américains ont demandé, le 15 avril 2008, à la Chine de stopper le rapatriement de réfugiés nord-coréens vers leur pays d’origine. Environ 300 000 Nord-Coréens victimes de persécutions auraient quitté leur pays pour se réfugier en Chine, où ils sont considérés comme des migrants économiques. Certains réfugiés sont rapatriés de force par les forces de l’ordre chinoises et des centaines de femmes nord-coréennes sont les victimes de réseaux d’esclavage.

Une commission américaine qui défend la liberté religieuse a rendu public un rapport intitulé "Prison sans barreaux", qui dresse un constat accablant sur les traitements déplorables infligés aux croyants

16.04 - La judoka allemande Yvonne Bönisch boycottera la cérémonie d’ouverture des JO

La championne olympique de judo, Yvonne Bönisch, a déclaré, le 15 avril 2008, ne pas souhaiter se rendre à la cérémonie d’ouverture des JO de Pékin. Elle entend ainsi "envoyer des signaux forts" pour protester contre les violations des droits de l’homme en Chine. L’athlète s’est prononcée contre le boycott total des JO et elle compte participer aux épreuves avec un bracelet bleu ou vert, crée par la délégation allemande, portant l’inscription "Sports for Human rights" (Les sports pour les droits de l’homme).

16.04 - Le président estonien Toomas Hendrik Ilves n’assistera pas à la cérémonie d’ouverture des JO

Le président estonien Toomas Hendrik Ilves a déclaré, le 28 mars 2008, qu’il n’assisterait pas aux cérémonies d’ouverture et de clôture des Jeux de Pékin, sans toutefois invoquer la crise au Tibet et la situation des droits de l’homme comme raison de son désistement.

15.04 - L’avocat de Hu Jia empêché de rencontrer son client

Reporters sans frontières est choquée par les procédés employés par les autorités chinoises pour empêcher le dissident Hu Jia de faire appel de sa condamnation. Le 14 avril, dix jours après l’annonce du verdict, l’un des avocats de Hu Jia, Li Fangping, s’est vu refuser l’accès à la cellule de son client. Selon les autorités, Hu Jia était absent pour "examen médical préalable à l’entrée en prison". Le 15 avril 2008, l’avocat s’est également vu refuser une visite au motif que le délai d’appel avait expiré.

L’avocat a voulu lui transmettre en urgence les documents officiels à signer relatifs à la décision d’appel mais les gardiens ont refusé, sans invoquer de raison. Aucune communication téléphonique n’a été accordée à Hu Jia, dont l’état de santé préoccupe ses proches.

15.04 - Human Rights Watch invite les chefs d’Etat à poser des conditions à leur venue au JO

Le 9 avril 2008, Human Rights Watch (HRW) a appelé les chefs d’Etat à poser des conditions à leur venue en Chine lors des cérémonies d’ouverture et de clôture des Olympiades d’août prochain. L’organisation a stigmatisé le non-respect par la Chine des engagements pris par celle-ci lors de l’attribution des Jeux, en 2001, en matière de liberté d’expression, et dénoncé la violence utilisée au Tibet.

HRW a encouragé les hommes d’Etat à faire pression sur Pékin, afin d’autoriser la venue d’une mission d’investigation internationale au Tibet, d’ordonner l’arrêt des arrestations de dissidents et de la violation de la liberté de la presse, et de donner l’impulsion dans le sens d’une résolution du conflit au Soudan.

"Assister sans poser de conditions reviendrait à un endoctrinement", a précisé Sophie Richardson, responsable Asie de Human Rights Watch, à propos de la centaine de représentants de gouvernements invités à Pékin.

Des enquêtes réalisées par HRW, au cours des derniers mois, ont révélé que dans le cadre de la préparation des Jeux de Pékin, de nombreuses négligences ont été commises par les organismes chinois chargés de l’application de la loi du travail sur les chantiers olympiques, ainsi que des centaines de cas de violations des droits des habitants, expropriés illégalement, sans dédommagement.

14.04 - Nancy Pelosi et les députés européens attaqués par la Chine

Les députés européens sensibles à la question des droits de l’homme en Chine et au Tibet ont été accusés, le 12 avril 2008, de "grossière ingérence dans les affaires intérieures chinoises et de soutien affiché à la position séparatiste du dalaï-lama", par le porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères. Dans une récente résolution, le Parlement européen avait appelé les autorités chinoises à reprendre le dialogue avec le chef religieux et politique des Tibétains, faisant planer la menace de boycott de la cérémonie d’ouverture.

Par ailleurs, les médias chinois se sont faits le relais des critiques émanant du Comité d’organisation des Jeux olympiques (BOCOG) et du ministère des Affaires étrangères, en qualifiant de "personnalité la plus détestée du peuple chinois", la présidente de la Chambre des représentants des Etats-Unis, Nancy Pelosi, pour son soutien affiché à la cause tibétaine.

14.04 - Manifestation en marge du relais olympique à Buenos Aires

A l’occasion du passage de la flamme olympique à Buenos Aires, le 11 avril 2008, une cinquantaine de partisans de la cause tibétaine et des Chinois du mouvement Falungong se sont rassemblés dans le centre-ville pour manifester en faveur des droits de l’homme en Chine et au Tibet. Un groupe arborant le drapeau chinois et entonnant l’hymne chinois est venu provoquer les manifestants. La tension a été vite dissipée par l’intervention des forces de l’ordre. A Buenos Aires, le relais n’a pas été perturbé.

Posté par rude_roazhon à 14:44 - PEKIN 2008 : LES JEUX DE LA HONTE - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]


17 avril 2008

Flamme olympique: le relais a pris fin à New Delhi au bout d'une demi-heure

Flamme olympique: le relais a pris fin à New Delhi au bout d'une demi-heure

04EA160785D8EA2F431249D286540

Le relais de la torche olympique a pris fin jeudi au coeur de New Delhi, la capitale indienne, bouclée par 16.000 policiers et militaires.

Des participants du relais, encadrés par des gardes chinois, ont couru chacun pendant quelque mètres le long du parcours d'à peine trois kilomètres en plein centre de la capitale indienne, entre le palais présidentiel et la Porte de l'Inde, un arc de triomphe militaire.

Le relais a duré une demi-heure.

New Delhi était bouclée par quelque 16.000 policiers et militaires qui tenaient à l'écart la plupart des curieux pour le passage de la torche olympique. L'étape indienne de la flamme est ultra-sensible, compte tenu de la présence de 100.000 exilés tibétains en Inde.

Par crainte de manifestations de Tibétains, surtout d'"immolations par le feu" devant les télévisions du monde entier, la police a interpellé entre 170 et 180 militants à New Delhi et 46 autres Tibétains ont aussi été appréhendés à Bombay, la capitale économique indienne, après avoir essayé de pénétrer dans le consulat de Chine.

Sous pression de la Chine, l'Inde avait décidé début avril d'écourter le parcours de la torche de neuf à moins de trois kilomètres et de supprimer une étape prévue à Bombay.

L'Inde a promis à la Chine, sa voisine et rivale contre laquelle elle a perdu une guerre en 1962, un passage sans encombre de la flamme, après les incidents de Londres et de Paris.

Dans la capitale française, la torche avait été éteinte cinq fois par ses gardes chinois le 7 avril, officiellement pour la protéger des manifestants, mais la flamme elle-même ne l'a jamais été depuis qu'elle a été allumée en Grèce fin mars.

Posté par rude_roazhon à 15:32 - PEKIN 2008 : LES JEUX DE LA HONTE - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

13 avril 2008

PEKIN 2008 : L' ETAT DE LA MOBILISATION INTERNATIONALE

PEKIN_2008

11.04 - Les candidats à l’élection présidentielle américaine encouragent George W. Bush à boycotter la cérémonie d’ouverture des JO

Les trois candidats encore en lice dans la course à la présidence des Etats-Unis ont appelé le président George W. Bush à ne pas se rendre à Pékin, le 8 août 2008, pour la cérémonie d’ouverture des JO.

La candidate à l’investiture démocrate, Hillary Clinton, a demandé, le 7 avril, au président des Etats-Unis de boycotter la cérémonie si la Chine ne procède pas à "un changement d’attitude majeur" sur le Tibet et le Darfour. La sénatrice de New York a déclaré que le gouvernement américain avait eu tort de "minimiser les droits de l’homme" dans sa politique envers Pékin.

Après avoir récemment confié qu’il était partagé sur l’attitude que devaient adopter les Etats-Unis, Barack Obama a rejoint, le 9 avril, la position de sa rivale démocrate en demandant à son tour à George W. Bush de ne pas se rendre à Pékin le 8 août prochain. Selon le sénateur de l’Illinois, le président des Etats-Unis devrait boycotter la cérémonie "si les Chinois ne prennent pas de mesures pour contribuer à l’arrêt du génocide au Darfour et respecter la dignité, la sécurité et les droits de l’homme du peuple tibétain".

Quant au candidat républicain John McCain, assuré d’obtenir l’investiture de son parti pour la course à la Maison Blanche, il a déclaré, le 10 avril, que, s’il était président, il n’assisterait pas à la cérémonie d’ouverture des JO "en l’absence de progrès sur un dialogue avec le dalaï-lama et l’arrêt de la répression brutale en cours au Tibet". Le sénateur de l’Arizona a encouragé George W. Bush à reconsidérer sa décision de se rendre à Pékin le 8 août.

11.04 - Tensions entre le CIO et le gouvernement chinois

La responsable de la communication du CIO, Giselle Davies, a déclaré, le 10 avril 2008, que les relations entre le président Jacques Rogge et les autorités chinoises restaient très bonnes et que "le sport et la politique devaient rester dissociés". Cette déclaration fait écho à celle du ministre chinois des Affaires étrangères, Jiang Yu, qui a reproché à Jacques Rogge de faire référence à des "facteurs politiques hors de propos". Selon lui, le respect de la Charte olympique doit primer dans les interventions du CIO.

Suite aux manifestations de soutien au Tibet et à la liberté en Chine qui ont ponctué le parcours de la flamme olympique à Paris, Londres et San Francisco, Jacques Rogge avait reconnu, le 10 avril, que le mouvement olympique "traversait une crise", avant d’assurer aux athlètes que celle-ci serait surmontée. Il a rappelé à la Chine ses engagements, pris avant l’attribution des JO, "à faire avancer la question sociale, notamment les droits de l’homme". "Nous demandons absolument à la Chine de respecter cet engagement moral", a ajouté le président du CIO.

11.04 - La peine du démocrate Zhu Yufu alourdie en appel

Le tribunal intermédiaire populaire de Hangzhou (Est) a alourdi, le 9 avril 2008, la peine de l’un des fondateurs du Parti démocrate chinois, Zhu Yufu, déjà condamné en juillet 2007 à deux ans de prison pour "trouble à l’ordre public". Les autorités lui reprochent notamment ses articles publiés sur Internet. L’un de ses avocats, Li Jianqiang, avait demandé la révision du jugement en première instance, qu’il a obtenue après neuf mois d’incarcération de son client. Zhu Ang, le fils du militant, arrêté pour les mêmes motifs, avait été condamné à un an et demi de prison avec sursis.

Zhu Yufu a écopé de deux ans, quatre mois et 26 jours de privation de droits civiques. Son épouse, Jiang Hangli, a exprimé à Radio Free Asia son désarroi, à la sortie de l’audience : "Nous attendions de bonnes choses de cette révision du procès, mais le dénouement est déroutant et le complément de peine révoltant."

Son autre avocat, Mo Shaoping, a jugé la décision du tribunal en "désaccord total avec les principes juridiques de base, et avec les règles de la Cour Suprême. Un démocrate du Zhejiang, présent à l’audience, a dénoncé un dispositif de sécurité hors normes, composé d’une centaine de policiers en tenue et en civil.

10.04 - Gordon Brown n’assistera pas à la cérémonie d’ouverture des JO

Selon une porte-parole de Downing Street, le Premier ministre britannique, Gordon Brown, n’assistera pas à la cérémonie d’ouverture des Jeux olympiques. En revanche, il se rendra à la cérémonie de clôture, comme il avait été convenu. "Il n’y a aucun changement de position", a ajouté Londres, réitérant son obstruction au boycott sous quelle forme que ce soit.

Selon un sondage publié le 9 avril 2008 par Channel Four, 40 % des Britanniques sont opposés à une participation de M. Brown à la cérémonie d’ouverture.

09.04 - Nicolas Sarkozy lie sa participation à la cérémonie d’ouverture des JO à la reprise du dialogue entre la Chine et le Tibet

Au lendemain du passage mouvementé de la flamme olympique à Paris, le président de la République a conditionné, le 8 avril 2008, la participation de Paris à la cérémonie d’ouverture des JO, à la reprise du dialogue entre la Chine et le Tibet.

"C’est en fonction de la reprise de ce dialogue que je déterminerai les conditions de notre participation, d’autant plus que je serai à ce moment-là président de l’Union européenne", a expliqué le chef de l’Etat.

Nicolas Sarkozy avait déclaré, le 25 mars dernier, qu’il n’excluait pas un boycott de la cérémonie d’ouverture, qui doit se tenir le 8 août prochain à Pékin, affirmant que sa décision serait prise "en fonction de la réponse qui sera donnée par les autorités chinoises".

09.04 - La pétitionnaire Zheng Mingfang condamnée à 2 ans de rééducation par le travail

Reporters sans frontières est indignée par la peine de deux ans de rééducation par le travail, prononcée, début avril, à l’encontre de la défenseure des droits de l’homme, Zheng Mingfang, détenue au secret depuis plus d’un mois. L’organisation réitère sa désapprobation vis-à-vis des sanctions administratives prises par les autorités chinoises.

Arrêtée par les autorités pékinoises, le 29 février 2008, peu avant les sessions parlementaires annuelles, Zheng Mingfang serait, à l’heure actuelle, détenue au centre du district Xian, à Tianjin (Est de Pékin). Elle souffre d’un début de cécité, et aurait été malmenée lors de sa détention.

Les proches de Zheng Mingfang ont été alertés, le 8 avril au soir, par voie non officielle, de la peine qu’elle encourait. Un jeune homme s’est présenté au domicile de Zheng Mingfang, prétextant détenir des informations concernant son sort. Il a évoqué une sanction de deux ans de rééducation par le travail, en stipulant que "tout recours à un avocat serait inutile".

Le mari de Zheng, Huang Tiaoyuan, a témoigné des méthodes utilisées par les autorités depuis l’arrestation, à savoir la confiscation de son portable et de son matériel informatique, avec consigne de ne pas communiquer avec les étrangers, "condition sine qua non à la remise en liberté de Zheng", selon les fonctionnaires de police du district. Sa sœur, Zheng Guifang a également été contrainte de fermer son portable et de se tenir à l’écart des journalistes.

Liu Feiyue, défenseur des droits de l’homme et responsable de la commission sur les droits de l’homme de l’observatoire de la société chinoise, a établi un lien entre l’arrestation de Zheng Mingfang et son soutien au militant Hu Jia.

Reporters sans frontières demande la libération immédiate de Zheng Mingfang.

09.04 - Des journalistes étrangers font l’objet de menaces de mort

Reporters sans frontières dénonce le harcèlement dont sont victimes depuis deux semaines certains médias étrangers basés en Chine, qui ont reçu des messages téléphoniques ou électroniques. Parmi les journalistes touchés par cette vague nationaliste chinoise, survenue dans le cadre des événements au Tibet, les correspondants de la chaîne CNN sont particulièrement visés.

L’organisation dénonce la divulgation sur des sites Internet chinois - notamment un site qui traite d’affaires militaires - des coordonnées personnelles des journalistes, notamment ceux de l’agence Associated Press, et des quotidiens The Walll Street Journal et USA Today.

Des messages aux formules injurieuses : "Vous, chiens errants [Américains] n’êtes pas les bienvenus en Chine. Vous allez souffrir à cause de vos reportages biaisés" et menaçantes : "Tôt ou tard, je vais vous tuer", sont envoyés par dizaines aux journalistes.

Le ministère de l’Intérieur a refusé de commenter les faits, tandis que le ministre des Affaires étrangères, Jiang Yu, a déclaré ne pas être en mesure de contrôler ces messages.

Face à l’ampleur de la crise, le Club des correspondants étrangers a adressé, dès le 7 avril, des consignes de sécurité à tous ses membres. Les mesures enjoignent notamment de prendre contact avec son ambassade, de ne pas divulguer ses coordonnées personnelles, d’alerter son entourage lors de déplacements ainsi que de répertorier les menaces les plus flagrantes.

03.04 - George Bush juge inapproprié le projet de loi sur le boycott de la cérémonie d’ouverture

En réaction au projet de loi déposé devant la Chambre des représentants, le 2 avril 2008, interdisant au président George Bush de se rendre à Pékin pour la cérémonie d’ouverture des JO, la Maison Blanche a déclaré, le 3 avril, qu’il y avait une "meilleure alternative que le boycott."

"Nous partageons les inquiétudes sur le Tibet et d’autres questions, mais les tentatives visant à interdire la présence américaine à cet événement sportif international ne sont pas les meilleurs moyens de les gérer", a précisé la porte-parole de la Maison Blanche, Katherine Starr. Elle est par ailleurs revenue sur le rôle d’ambassadeurs que tiendront les athlètes américains dans la compétition internationale.

03.04 - L’épéiste allemande Duplitzer boycottera la cérémonie d’ouverture des JO

La sportive allemande Imke Duplitzer a déclaré, le 1er avril 2008, qu’elle ne participerait pas à la parade de la cérémonie d’ouverture. La déclaration de la vice-championne olympique va à l’encontre de celle de la délégation allemande, ouvertement contre le boycott de la cérémonie d’ouverture.

Tout en déplorant l’absence d’un véritable lobby des sportifs au sein du CIO et des fédérations sportives, elle a critiqué la passivité du CIO devant la "publicité d’un système politique", qui manipule l’olympisme.

03.04 - La Norvège envisage un boycott de la cérémonie d’ouverture

Le ministre norvégien en charge des Affaires sportives, M. Giske, a déclaré, le 3 avril 2008, qu’il n’excluait pas la possibilité de boycotter la cérémonie d’ouverture. "Je me demande si on doit y être au niveau politique. C’est un signal clair si on n’y va pas et la menace faite par plusieurs pays de ne pas y aller peut faire bouger les autorités chinoises", a-t-il précisé. "Les Chinois souhaitent des Jeux réussis et ils peuvent y parvenir s’ils écoutent les messages que leur envoie la communauté internationale", a ajouté le ministre.

03.04 - Le Comité international olympique demande aux autorités chinoises de ne pas restreindre l’accès à Internet durant les Jeux olympiques

Le Comité international olympique (CIO) a demandé aux autorités chinoises, le 1er avril, de garantir un accès libre à Internet aux journalistes qui couvriront les Jeux olympiques. Pour Kevin Gosper, vice-président du CIO, couper l’accès au Réseau "donnerait une très mauvaise image" de Pékin. Il a notamment souligné les vives critiques auxquelles la Chine est déjà exposée en raison de la répression des manifestations qui ont eu lieu au Tibet mi-mars. Les autorités ont assuré que les journalistes auraient accès à Internet mais le dispositif n’est pas encore mis en place. La représentante du ministère de l’information, Jiang Yu, n’a cependant pas confirmé ces dires. Par ailleurs, les autorités se sont engagées à retransmettre les épreuves en direct et non en différé. Le 24 mars 2008, lors de la cérémonie de l’allumage de la flamme à Olympie, trois représentants de Reporters sans frontières avaient protesté contre la situation des droits de l’homme dans le pays. Les médias chinois avaient diffusé les images de la cérémonie en différé pour pouvoir censurer l’incident.

02.04 - Douze athlètes français parrainent des dissidents chinois dans l’Equipe magazine

Dans son édition du 29 mars 2008, le principal hebdomadaire sportif français l’Equipe magazine a consacré un dossier spécial JO dans lequel douze athlètes français ont posé, portant des photos de dissidents chinois emprisonnés. Sous la mention "Nous ne sommes pas indifférents", le coureur non voyant, Aladji Ba, parraine l’avocat non voyant, Chen Guangcheng. Le portrait du militant Hu Jia, détenu depuis décembre 2007, est porté bien haut par le marcheur Yohann Diniz, tandis que Romain Mesnil, le perchiste et président du syndicat des athlètes français, exprime sa solidarité avec la femme de Hu Jia, la blogueuse Zeng Jinyan.

02.04 - Un projet de loi contre la présence de George Bush à la cérémonie d’ouverture

Une quinzaine d’élus démocrates de la Chambre des représentants américaine se sont manifestés en faveur d’un boycott de la cérémonie d’ouverture des JO. Mc Cotter, élu du parti républicain a déposé, le 1er avril 2008, un projet de loi empêchant au président George Bush de se rendre à la cérémonie d’ouverture. Le texte vise à "interdire les représentants officiels du gouvernement de se rendre en Chine communiste, attendu que la Chine communiste maltraite les manifestants au Tibet".

1er.04 - Stéphane Diagana, premier relayeur de la flamme à Paris, veut agir pour les droits de l’homme

L’athlète Stéphane Diagana, choisi pour accueillir la flamme en France, a déclaré, le 1er avril 2008, que la situation des droits de l’homme en Chine méritait "une action concertée de tous les pays" et que le CIO devait assumer les contradictions nées de l’attribution des JO à la Chine. "Ce qui peut être fait n’est pas contre la Chine mais pour les droits de l’homme. Le droit d’ingérence est un devoir, en tant qu’être humain. Il s’agit d’une position philosophique et non politique", a-t-il souligné.

"Je pense que l’on peut s’exprimer sans empêcher la flamme d’aller jusqu’à Pékin. Mais il faut un message car il faut rappeler à la Chine que ses engagements n’ont pas été tenus", a déclaré Stéphane Diagana.

1er.04 - Le capitaine de l’équipe de football d’Inde refuse de porter la flamme olympique

Le footballeur indien, Bhaichung Bhutia, célébrité nationale et sympathisant de la cause tibétaine, a déclaré dans une lettre adressée au comité olympique indien, le 1er avril 2008, qu’il refuserait "à titre personnel", de porter la flamme olympique. Le relais olympique doit atteindre l’Inde le 17 avril.

1er.04 - Nancy Pelosi encourage George W. Bush à ne pas exclure un boycott de la cérémonie d’ouverture des JO

La présidente démocrate de la Chambre des représentants, Nancy Pelosi, a appelé le président Bush, le 1er avril 2008, à ne pas exclure l’éventualité d’un boycott de la cérémonie d’ouverture des JO. "Le président [Bush] pourrait y repenser, en fonction de ce que vont faire les autres chefs d’Etat", a précisé la responsable démocrate, qui a rendu visite récemment au dalaï-lama, à Dharamsala. Sa position contredit celle de la secrétaire d’Etat Condoleezza Rice qui s’est dite, le 28 mars dernier, opposée au boycott des JO afin de ne pas heurter le peuple chinois.

1er.04 - Le prix Olivier Quemener - Reporters sans frontières décerné à "Colère de Chine"

Le jury du Figra, présidé par Daniel Leconte, a décerné, le 29 mars 2008, le prix Olivier Quemener-Reporters sans frontières à Marie Stéphane, Jean Lapierre et Jean Eifer pour "Colère de Chine". Ce documentaire traite des ravages du libéralisme sauvage en donnant la parole à des Chinois victimes d’expropriation ou des personnes sensibilisées aux problèmes environnementaux.

31.03 - La Chine évoque la "guerre froide" au lendemain de la réunion des Vingt-Sept

Les vingt-sept ministres de l’UE, réunis en Slovénie, ont appelé, le 28 mars 2008, à une "cessation des violences et à des discussions entre le gouvernement chinois et le dalaï-lama", sans toutefois mentionner les Jeux olympiques de Pékin.

Le porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères, Jiang Yu, a contesté cette prise de position, qu’il a qualifiée d’"injustifiée", au regard du "rôle d’agresseur du peuple tibétain". "Cette hostilité envers la Chine digne de l’époque de la guerre froide [...] ignore la stabilité, le développement et la prospérité de la Chine [...] cherche à discréditer la Chine et ne fait que révéler ignorance et arrogance", a déclaré le ministre.

Par ailleurs, Hans Gert Pöttering, le président du Parlement européen, a été accusé par l’agence Xinhua d’avoir fait des "déclarations extrêmement irresponsables sur l’éventualité d’un boycott des Jeux olympiques".

28.03 - Le Premier ministre polonais n’assistera pas à la cérémonie d’ouverture des JO

Le Premier ministre polonais, Donald Tusk, a déclaré au quotidien polonais Dziennik Polska-Europa- Swiat, le 27 mars 2008, qu’il n’avait pas l’intention d’assister à la cérémonie d’ouverture des Jeux olympiques de Pékin, le 8 août prochain, en raison de la situation au Tibet.

"La Pologne est un pays de taille moyenne et ne cherche pas à être le premier, mais mon opinion est très claire : la présence d’hommes politiques à l’inauguration de ces Jeux me semble inopportune", a-t-il indiqué.

28.03 - Les dirigeants tchèques divisés sur la position à adopter concernant les JO de Pékin

Le président de la République tchèque, Václav Klaus, a assuré, le 26 mars 2008, qu’il n’assisterait pas aux Jeux olympiques de Pékin cet été, selon le quotidien tchèque Mladá fronta Dnes. Cette décision serait liée à des raisons de santé plutôt qu’à la répression au Tibet.

"Je ne prévois pas d’assister aux JO en Chine, ni de réprimander la Chine", a écrit le chef de l’Etat tchèque sur son site personnel www.klaus.cz. "Ceux qui ont décidé [...] de l’attribution des Jeux à la Chine ne peuvent pas être surpris aujourd’hui que la Chine soit telle qu’elle est", a-t-il expliqué.

Le Premier ministre tchèque, Mirek Topolanek, a indiqué, pour sa part, que sa participation éventuelle à la cérémonie d’ouverture des JO de Pékin serait décidée en Conseil des ministres. "Je n’ai pas l’habitude de faire des gestes gratuits et je ne le ferai pas non plus en liaison avec les Jeux olympiques", a poursuivi le chef du gouvernement tchèque.

27.03 - Une pétition lancée par Avaaz en faveur des Tibétains a collecté plus d’un million de signatures en sept jours

Le 25 mars, la pétition lancée par Avaaz http://www.avaaz.org/en/tibet_end_the_violence/ une semaine auparavant, a dépassé le seuil du million de signataires. Les organisateurs ont prévu une journée d’action mondiale, le 31 mars, appelant les signataires à "déverser des cartons de pétitions" devant les ambassades chinoises à travers le monde. Les initiateurs cherchent à atteindre le seuil des 2 millions de signataires avant le 31 mars.

La pétition réclame la cessation des violences au Tibet et l’ouverture du dialogue entre la Chine et le chef spirituel tibétain.

27.03 - Les députés Verts du Parlement européen aux couleurs de Reporters sans frontières

Lors de la session plénière du Parlement européen du 26 mars 20008, tous les parlementaires européens du groupe des Verts ont revêtu le T-shirt de la campagne Pékin 2008, représentant les menottes olympiques. Daniel Cohn-Bendit, le co-président du groupe des Verts, a prononcé un discours appelant à l’implication des politiques dans le débat sur la situation des droits de l’homme en Chine et au Tibet notamment.

parlement_europeen

27.03 - Quinze athlètes français appellent la Chine au respect de ses engagements en matière de droits de l’homme

Dans un appel publié par le Nouvel Observateur sur le thème "entre le boycott des JO et le silence, il y a une voie", quinze athlètes français - parmi lesquels les coureuses Christine Arron et Muriel Hurtis - ont signé un appel au président Hu Jintao, demandant le respect des engagements pris par les autorités chinoises sur la liberté d’expression et les droits de l’homme.

"Pour obtenir l’organisation des Jeux olympiques à Pékin, le gouvernement chinois s’était engagé à respecter les droits de l’homme. Aujourd’hui, la violente répression des émeutes au Tibet remet gravement en cause cette parole donnée au mouvement olympique", estiment les signataires de cet appel. Ils ajoutent que "les droits les plus fondamentaux ne sont pas respectés : ni l’intégrité des personnes, ni la liberté d’expression ne sont possibles en Chine".

Les athlètes français encouragent les sportifs et les internautes à soutenir leur appel, en déclarant : "Nous ne pouvons pas être les otages de la politique ni la caution d’un régime autoritaire. C’est pour cela, Monsieur le Président, que nous vous demandons, aujourd’hui, solennellement, de respecter votre parole. Ne gâchez pas les Jeux."


Lire l’appel des athlètes français.

21.03 - Berlin et Paris réclament le retour des journalistes au Tibet

Le chef de la diplomatie allemande Frank-Walter Steinmeier a exhorté, le 21 mars 2008, les autorités chinoises à faire preuve de transparence sur la situation au Tibet. "La Chine se porte elle-même préjudice si elle empêche les observateurs étrangers de se faire une image de la situation", a ajouté Steinmeier.

Le même jour, le ministère français des Affaires étrangères a demandé que la presse étrangère soit autorisée à aller au Tibet, où elle est indésirable depuis le 10 mars 2008, début des manifestations tibétaines.

21.03 - Sept ONG pressent Jacques Rogge de saisir la Chine sur les droits de l’homme

Un groupe d’organisations internationales a adressé, le 20 mars 2008, une lettre au président du CIO, Jacques Rogge, afin qu’il se "prononce sans plus tarder" sur la relation entre l’esprit olympique et les droits de l’homme. Seule une "approche non ambiguë et active pourra évacuer toutes menaces de boycott sur la compétition, au moment de la répression des Tibétains".

Il est demandé que le CIO autorise les athlètes à s’exprimer librement sur la situation des droits de l’homme. Le gouvernement chinois doit être encouragé par le CIO à respecter les engagements pris lors de l’attribution des Jeux olympiques à Pékin, à savoir l’amélioration de la situation des droits de l’homme en Chine et la garantie d’une liberté de presse pour les médias étrangers. Les organisations réclament des informations indépendantes sur la répression des tibétains ainsi qu’un droit de présence de la presse.

Les signataires de la lettre sont Olympic Watch, Reporters sans frontières, la Coalition des Chinois d’outre-mer pour la démocratie, la Fédération indépendante des étudiants et intellectuels chinois, la Société internationale pour les droits de l’homme, les Droits de l’Homme sans frontières, la Fédération pour une Chine démocratique.

21.03 - Il faut, maintenant, faire pression sur Pékin

Texte de Wei Jingsheng, dissident chinois en exil aux Etats-Unis, paru dans Le Monde du 20 mars 2008

Six mois avant les JO, le Comité international olympique ne peut pas se laver les mains de la répression engagée par la Chine contre les Tibétains

Tandis que se poursuit au Tibet ce que le dalaï-lama a qualifié de " génocide culturel ", il est inacceptable que Jacques Rogge, président du Comité international olympique (CIO), refuse - en totale contradiction avec " l’esprit olympique " - de prendre position contre la répression actuelle menée par le gouvernement chinois à l’encontre des protestataires tibétains. Dans la mesure où il y a eu promesse d’amélioration de l’action de la Chine en matière de droits de l’homme en échange de l’obtention des Jeux par Pékin, comment le CIO peut-il faire comme si de rien n’était alors que le sang coule dans les rues de Lhassa ?

Si le Comité international olympique persiste à ne pas exercer sur Pékin les pressions qu’il se doit d’opérer dans le cadre de ses obligations, le risque est grand pour les JO 2008 de laisser dans l’histoire un souvenir semblable à celui des Jeux de Berlin en 1936. Si la communauté internationale ne fait pas pression dès maintenant sur Pékin pour qu’il stoppe la répression et respecte les droits humains fondamentaux, un boycottage sera considéré comme justifié.

Les Tibétains rongent depuis longtemps leur frein sous l’oppression du Parti communiste chinois. En 1959, lorsque le dalaï-lama dut prendre la fuite pour s’exiler en Inde, les protestations des Tibétains furent violemment écrasées au cours d’un massacre qui se poursuivit durant plus d’un an. Depuis, on évoque le chiffre de plus d’un million de morts tibétains. En 1989, c’est le chef actuel du Parti communiste chinois, Hu Jintao, qui n’était alors qu’un simple chef de province, qui réprima une nouvelle révolte à Lhassa en envoyant l’armée tuer des gens dans les rues. Et tout le monde sait, bien entendu, ce qui se passa cette même année sur la place Tiananmen.

Il est clair que, sans respect des droits de l’homme, les Tibétains pas plus que la majorité han chinoise ne sont à l’abri des persécutions perpétrées par les autorités communistes. Les vieux mensonges et la vieille propagande ne fonctionnent plus. Autrefois, beaucoup de Chinois han ne connaissaient rien des souffrances des Tibétains.

Aujourd’hui, grâce aux voyages, au tourisme, aux téléphones portables et à Internet, la majorité han comprend que la lutte des Tibétains contre la tyrannie est aussi la sienne. Bien entendu, soucieuses de montrer leur visage " pacifique ", les autorités chinoises ont exprimé leur volonté de résoudre le problème tibétain par la négociation. Mais aucune sincérité n’accompagnera cette volonté tant que des pressions internationales ne s’exerceront pas. Mes années de militantisme en faveur de la démocratie en Chine m’ont enseigné une chose : seule une pression internationale associée à une pression interne est en mesure de produire des résultats concrets. Le refus de Jacques Rogge d’exercer en ce moment une pression sur Pékin est tragique, car ces JO constituent un tournant dans l’histoire de la Chine moderne. Ayant, en accueillant les Jeux, convié le monde entier à boire le thé, les dirigeants du Parti communiste ont transformé leur palais en une maison de verre globale. Ils ne peuvent plus présenter au monde le visage souriant d’une " émergence pacifique " et en même temps le visage grimaçant d’une répression brutale sur leur propre territoire. Les Jeux obligeront la Chine à montrer son vrai visage. Seule la pression internationale pourra faire en sorte que ce soit le visage que tout le monde a envie de voir.

Traduit de l’anglais par Gilles Berton

20.03 - Pétition en ligne en soutien au peuple tibétain

Une pétition lancée par Avaaz en soutien au peuple tibétain et au dalaï lama a recueilli plus de 330 000 signatures en 48 heures. La pétition sera adressée au président chinois Hu Jintao, une fois le seuil du million de signatures atteint. http://www.avaaz.org/en/tibet_end_the_violence/98.php/ ?cl_tf_sign=1

19.03 - Bernard Kouchner considère la proposition du boycott de la cérémonie d’ouverture "pertinente" mais "irréaliste"

En réponse à la proposition émise le 18 mars 2008 par Reporters sans frontières appelant les chefs d’Etat au boycott de la cérémonie d’ouverture des JO, le ministre des Affaires étrangères, Bernard Kouchner a laissé entendre que le gouvernement français n’y était pas favorable. Il n’a pas exclu que l’Europe se concerte sur cette proposition "appréciable et moins négative qu’un boycott général des Jeux", mais selon lui "difficilement réalisable". Il a également appelé à "réfléchir à ce qui est le plus efficace. C’est tellement facile de brandir la menace quand on ne va pas la mettre à exécution", a-t-il ajouté.

19.03 - L’ancienne candidate à l’élection présidentielle, Corinne Lepage, favorable au boycott de la cérémonie d’ouverture

La présidente de Cap 21 a déclaré, le 18 mars 2008, qu’elle soutenait un "boycott politique" de la cérémonie d’ouverture des JO. Madame Lepage soutient la proposition de Reporters sans frontières. "Cap 21 souhaite que la France, pays des droits de l’homme, appelle à la mobilisation de la communauté internationale et de l’Union européenne pour mettre fin au génocide culturel dont sont victimes les populations tibétaines", a-t-elle précisé.

19.03 - Le président du Parlement européen suggère un boycott des représentants officiels

Le président du Parlement européen, Hans Gert Pöttering, a invité, le 18 mars 2008, les responsables politiques à reconsidérer leur participation à la cérémonie d’ouverture des Jeux olympiques. "Nous attendons un signal de la part des autorités chinoises [disant] que les droits de l’homme, la démocratie et les militants des droits civiques comme Hu Jia, seront pris davantage au sérieux et que l’on ne les poursuivra pas", a déclaré M. Pöttering.

19.03 - "Non au boycott", mais le CIO exhorté par les comités nationaux à se positionner

Le président du Comité olympique européen, Patrick Hickey, le commissaire européen aux Sports, Jan Figel ainsi que les présidents des comités britannique, australien et autrichien ont déclaré, le 17 mars 2008, que le boycott ne serait pas efficace. "Le boycott ne ferait que porter préjudice aux athlètes", a repris le secrétaire français d’Etat au Sports, Bernard Laporte.

De son côté, M. Schild, président du comité olympique suisse, a appelé le CIO, le 17 mars 2008, à prendre position quant aux récents événements survenus au Tibet. Schild ne cautionne pas le boycott, démarche qui "toucherait les athlètes et la population chinoise" en premier lieu, mais il ne conçoit pas que le CIO puisse rester inactif face à ces exactions. "Il y va de la crédibilité du mouvement olympique, que de rappeler au pays organisateur des JO ses engagements pris en matière des droits de l’homme", a-t-il ajouté.

19.03 - La Grande-Bretagne rappelle la Chine à l’ordre

Le Premier ministre britannique, Gordon Brown, a exhorté la Chine, le 17 mars 2008, à cesser la répression au Tibet, en ajoutant que le pays devait être vigilant quant à son image à l’étranger. "La Chine s’apprête à entrer dans la cour des grands. Elle doit se rendre compte que la détérioration de son image peut réduire en miettes les efforts entrepris, aussi bien moralement que financièrement, dans la préparation de l’accueil des JO", a déclaré Mark Malloch Brown, ancien vice-secrétaire général de l’ONU.

14.03 - Les manifestations s’intensifient à Lhassa

Lhassa est la scène de manifestations antichinoises depuis le 10 mars 2008, date de commémoration de la rébellion avortée de 1959, qui a marqué l’exil du dalaï-lama en Inde. Ces protestations, d’ampleur inégalée depuis 1989, font écho à l’arrestation de moines bouddhistes, en décembre 2007, et à la montée des tensions entre le gouvernement chinois et le peuple tibétain, à cinq mois des Jeux olympiques de Pékin.

Face à la mutinerie des moines, le déploiement de centaines de soldats et agents de la Sécurité publique a contribué à l’escalade de la violence. Selon des témoignages de touristes joints par l’AFP, la capitale tibétaine a été bouclée par les forces de l’ordre, trois grands monastères de la ville historique ont été fermés en début de semaine, ainsi que des magasins et restaurants du centre-ville. En signe de soutien, des religieux de Sera ont entamé une grève de la faim.

L’information, minimisée par le porte-parole des Affaires étrangères, Qin Gang, a été reprise le 14 mars par l’agence de presse chinoise Xinhua, qui a fait état de "troubles graves", tels que des incendies de voitures de l’armée, et des affrontements qui auraient provoqué la mort de deux personnes et des centaines de blessés.

Des émeutes ont également eu lieu à Xiahe, dans la province du Gansu (Nord-Ouest) à forte population tibétaine, impliquant des centaines de manifestants menés par des moines bouddhistes. Ceux-ci ont été dispersés par des brigades anti-émeutes, sans usage de violence.

Le mécontentement tibétain gronde également hors de Chine, avec la marche des exilés tibétains, partie de Dharamsala, en Inde, le 10 mars, interrompue de force par les autorités locales.

14.03 - Le sort des travailleurs migrants avant les JO, passé au crible par Human Rights Watch

Human Rights Watch a publié, le 12 mars 2008, un rapport (www.hrw.org/reports/2008/china0308/) traitant des déplorables conditions imposées au million de travailleurs migrants chinois, qui constituent près de 90% de la main d’œuvre employée sur le chantier du "nouveau Pékin". Selon Sophie Richardson, responsable Asie à HRW, "l’amélioration des droits sociaux basiques et du droit du travail nécessite la suppression du hukou", permis de résidence relevant d’un système d’enregistrement discriminatoire.

Le CIO s’est par ailleurs engagé à vérifier la légalité des conditions de travail des ouvriers engagés sur les sites olympiques, surtout depuis que les autorités chinoises ont reconnu le décès de six ouvriers, en janvier 2008.

14.03 - Les JO favorables aux droits de l’homme, selon le cardinal de Hong-Kong, Joseph Zen

Le cardinal-archevêque de Hong-Kong, Joseph Zen, convié au Vatican avec d’autres ecclésiastiques chinois, a déclaré que les JO étaient une "opportunité à saisir par la Chine afin de montrer sa bonne volonté en matière des droits de l’homme" et qu’il espérait voir la Chine "se distinguer un jour comme pays champion des droits de l’homme et travailleur pour la paix".

13.03 - "Pas de manifestations sans autorisations", ont déclaré des officiels en vue des Jeux olympiques

Le maire adjoint de Pékin, Liu Jingmin, a rappelé, le 12 février 2008, au cours d’une conférence de presse en marge de la session annuelle de la Conférence consultative politique du peuple chinois (CCPPC), la volonté des autorités chinoises de contrôler toute manifestation qui pourrait avoir lieu avant et pendant les Jeux olympiques.

Pour organiser des manifestations, une demande devra être déposée auprès de la police municipale qui décidera de donner ou non une autorisation selon les lois chinoises, a précisé Liu Jingmin. De fait, la police chinoise ne délivre presque jamais d’autorisation pour des manifestations publiques, en particulier quand elles concernent le gouvernement. Ces déclarations surviennent alors que de nombreux groupes locaux et étrangers prévoient de profiter de l’exposition médiatique offerte à la compétition sportive pour alerter la communauté internationale sur les droits de l’homme en Chine, la liberté de la presse et la situation au Tibet.

12.03 - Un rapport de China Human Rights Defenders  condamne les mauvais traitements infligés aux pétitionnaires chinois

China Human Rights Defenders a rendu public, le 11 mars 2008, un rapport faisant état de la main-mise systématique et violente des autorités chinoises sur les milliers de manifestants qui se rendent à Pékin lors des sessions annuelles du Parlement. L’organisation a dénoncé des pratiques d’intimidation ou de dissuasion - enlèvement, détention au secret - sur les pétitionnaires ou membres de leurs familles. Le porte-parole du ministère de la Sécurité publique n’a pas commenté les déclarations accusant la Chine de " vouloir sauvegarder l’image d’une société moderne et prospère prête à accueillir les JO, en faisant place nette devant les bâtiments officiels où se réunissent les citoyens récalcitrants".

12.03 - L’acteur américain George Clooney fait pression sur un sponsor officiel des JO

George Clooney a déclaré, le 11 mars 2008, qu’il s’entretenait régulièrement avec le fabricant suisse de montres, Omega, au sujet de l’investissement de la Chine au Darfour. Par l’intermédiaire de ce sponsor, l’ambassadeur de la Paix aux Nations unies a demandé au pays organisateur des JO d’user de son "pouvoir de pression sur le gouvernement soudanais".

12.03 - La marche des exilés tibétains reliant Dharamsala au Tibet  continue

La centaine de Tibétains exilés en Inde participant à la marche de protestation, initiée le 10 mars 2008, a dû faire face, dès les premiers kilomètres, à l’hostilité des autorités indiennes. "Nous poursuivons notre marche vers notre patrie en dépit de l’interdiction qui nous en a été faite", a déclaré B. Tsering, responsable de l’association des femmes tibétaines.

A l’occasion du 49e anniversaire d’exil du dalaï lama, celui-ci a fermement décrié les "violations énormes et inimaginables des droits de l’homme commises par la Chine au Tibet, relevant de la négation de la liberté religieuse".

12.03 - Le ministre chinois des Affaires étrangères, Yang Jiechi, a condamné la "politisation des JO"

Lors d’une conférence, le 12 mars 2008, le ministre chinois des Affaires étrangères, Yang Jiechi, a invoqué une "violation de la Charte olympique par les associations de défense des droits de l’homme qui critiquent la politique des droits de l’homme de la Chine par le biais des Jeux olympiques". "Les détracteurs de la Chine ne risquent pas d’être exaucés", a ajouté le ministre. Faisant référence aux récentes prises de position des gouvernements européens et américains, il a laissé entendre que "la Chine s’opposait fermement aux pratiques rappelant celles de la guerre froide, à savoir la stigmatisation idéologique, la montée des confrontations, la pratique de doubles standards et l’interférence dans les affaires internes".

12.03 - L’accès à la face nord de l’Everest bloqué jusqu’au passage de la flamme olympique

Les autorités chinoises ont décrété, le 10 mars 2008, la fermeture de la face nord de l’Everest ainsi que du Mont Cho Oyu - situé à 30km au nord-ouest de l’Everest -, en prévision du passage de la flamme olympique, début mai. Les autorités chinoises n’ont pas obtenu des Népalais qu’ils ferment la face sud de l’Everest. A travers une note officielle, publiée sur le site www.mounteverest.net, la China Tibetan Mountaineering Association impose aux alpinistes de reporter leur ascension pour des "raisons de sécurité".

12.03 - Des Tibétains allument leur torche à Olympie

Le 10 mars 2008, un groupe de Tibétains a organisé à Olympie l’allumage d’une "torche pour la liberté, symbole de la résistance du peuple tibétain face au gouvernement chinois", selon Tendon Dahortsang, membre de la Tibetan Youth Association in Europe. Les organisateurs du relais comptent traverser une cinquantaine de villes pour rejoindre le Tibet avant le début des Jeux olympiques. Des policiers ont empêché le bon déroulement de cette cérémonie. Des officiels chinois étaient également présents pour surveiller les Tibétains. La cérémonie officielle d’allumage de la torche olympique doit avoir lieu le 24 mars, à Olympie.

12.03 - Des dizaines de moines bouddhistes arrêtés à Lhassa, tandis que des exilés tibétains entament une marche de protestation avant les JO

Deux manifestations de moines bouddhistes, d’ampleur inégalée depuis 1989, se sont tenues à Lhassa, le 10 mars 2008. Le rassemblement de 300 moines au monastère de Drepung, en soutien à leurs congénères emprisonnés depuis la remise d’une médaille d’or du Congrès américain au Dalaï Lama, en octobre 2007, a été fermement réprimé par la police. Une dizaine de moines ont scandé des slogans hostiles aux autorités chinoises devant un temple de la capitale. En plus d’arrêter au moins 70 personnes, les forces de l’ordre ont renforcé leur présence dans les alentours de la capitale du Tibet. Les responsables politiques locaux ont refusé de commenter ces événements.

Une marche de protestation des exilés tibétains en Inde a quitté Dharamsala, le 10 mars. Les manifestants comptent rejoindre le Tibet chinois à pied avant le début des JO de Pékin, au mois d’août. Le Dalaï Lama a par ailleurs démenti les accusations de "sabotage" des Jeux olympiques lancées à son encontre par le président chinois Hu Jintao. Le chef spirituel des Tibétains a précisé que "l’organisation des JO par la Chine est un droit, et qu’[il] ne le conteste pas".

06.03 - Le nageur néerlandais van den Hoogenband encourage Jacques Rogge à aborder la question des droits de l’homme en Chine

Le nageur olympique Peter van den Hoogenband a déclaré, le 6 mars 2008, qu’il souhaitait voir le CIO prendre position sur la situation des libertés en Chine plutôt que de mettre les athlètes en posture délicate et de mettre en péril les JO. "Une déclaration de Jacques Rogge permettrait aux athlètes de se concentrer sur leur préparation aux Jeux, et d’éviter que le sport ne soit relégué au deuxième plan", a déclaré le médaillé olympique.

04.03 - Les proches de Yang Chunlin, Wang Guilin et Yu Changwu interdits de communiquer avec les médias internationaux

Les proches de Yang Chunlin - initiateur de la campagne "Nous voulons les droits de l’homme, pas les JO" - ont été convoqués, le 2 mars, par la police de Jiamusi (Nord-Est), qui leur a interdit d’entrer en contact avec des étrangers. Selon Radio Free Asia, la famille est toujours dans l’incertitude quant à l’issue du procès du dissident, ouvert le 19 février 2008, qui ne fait l’objet d’aucune couverture médiatique en Chine.

Lors d’un entretien récemment accordé à la chaîne anglaise Sky, Yang Chunping, sœur de Yang Chunlin, a fait état des conditions extrêmement pesantes du procès. Depuis le passage de l’équipe de Sky, les épouses de Wang Guilin et Yu Changwu, militants internés pour avoir participé à la même campagne en faveur des droits de l’homme, ont été soumises aux mêmes pressions de la part des autorités. "Leur téléphone portable est coupé, elles n’osent pas donner d’interviews", a précisé Yang Chunping. "Les autorités ont recours à des méthodes d’intimidation, mais je ne pense pas qu’elles aillent jusqu’à mettre leurs menaces de violence ou d’incarcération à exécution. Cela irait à l’encontre de leurs intérêts", a indiqué Li Fangping, l’avocat de Yang Chunlin.

03.03 - Des députés américains critiquent la répression en Chine

Le 26 février 2008, à l’occasion d’une réunion de la Commission sur la Chine - créée en 2000 au sein du Congrès pour veiller au respect des libertés civiles - des parlementaires républicains et démocrates ont condamné la répression accrue des autorités chinoises à l’approche des JO, citant le cas de la détention de Hu Jia. Les élus américains ont demandé au gouvernement chinois de tenir sa parole en ce qui concerne les libertés fondamentales et les problèmes environnementaux.

03.03 - Le ministre chinois des Affaires Etrangères dément les allégations de répression des libertés à l’approche des JO

Le ministre britannique des Affaires étrangères, David Miliband, en visite officielle de six jours en Chine, a rencontré, le 28 février 2008, son homologue chinois, Yang Jiechi. A la suite de l’entretien, ce dernier a réfuté les critiques adressées aux autorités chinoises sur le terrain des libertés individuelles par la communauté internationale, reproches "infondés" selon lui. Le ministre s’est refusé à considérer les menaces de boycott qui planent sur les JO.

03.03 - Mères de Tiananmen sous surveillance pendant les deux sessions annuelles

La lettre ouverte, publiée le 28 février 2008 par les dirigeantes de l’association des Mères de Tian An men, Zhang Xianling et Ding Zilin, n’a pas été prise en considération par l’Assemblée populaire et l’Assemblée consultative, a rapporté le site d’informations Boxun. La responsable de la pétition, Zhang Xianling, a été placée en résidence surveillée depuis le 1er mars. "Ce régime spécial devrait être maintenu jusqu’au 18 mars", date à laquelle prennent fin les deux sessions annuelles des Assemblées, ont indiqué les autorités.

29.02 - Arrestation de pétitionnaires après une lettre ouverte sur les JO

Chinese Human Rights Defenders rapporte l’arrestation de Wang Guilan, survenue le 28 février 2008, suite à la parution d’une lettre ouverte sur la situation des droits de l’homme, recueillant plus de 12 000 signatures. Elle a été arrêtée à Pékin par des agents de la sécurité publique de sa province d’origine, le Hubei. D’autres signataires ont annulé une conférence de presse prévue le même jour, de peur d’être arrêtés.

Cette pétition exhorte les autorités chinoises à respecter leurs promesses concernant la protection des droits de l’homme, énoncées au moment de l’attribution des JO à Pékin, en 2001. "Les JO doivent être régis par des règles civilisées et disputés par des gens civilisés. Puisque nous sommes citoyens du pays organisateur, nous espérons bénéficier des droits de l’homme, au même titre que toute nation civilisée", ont déclaré les signataires de la lettre.

29.02 - George Bush prêt à endosser son rôle politique lors des JO de Pékin

Le président américain George Bush a déclaré, le 28 février 2008, qu’il assisterait aux JO de Pékin en tant qu’"amateur de sport", sans toutefois laisser de côté les questions des droits de l’homme, qu’il abordera avec son homologue chinois.

29.02 - Le président du comité olympique allemand voit les JO comme un tournant politique et social

Le 28 février 2008, le président du comité olympique allemand, Thomas Bach, a déclaré au sortir d’une réunion avec Amnesty International et Human Rights Watch, qu’il prévoyait une amélioration irréversible de la situation des droits de l’homme en Chine, rendue possible grâce au déroulement des JO à Pékin. "Le mouvement olympique va parvenir à faire ce que des générations de secrétaires généraux de l’Onu et des chefs d’Etat n’ont pas réussi", a-t-il ajouté. A cette occasion, le chargé des questions des droits de l’homme du gouvernement allemand, Günter Nooke, a noté que la sensibilisation en matière des droits de l’homme dont bénéficient les athlètes ne les mettait toutefois pas en position d’intervenir sur le sujet, rôle assuré, selon lui, par les gouvernements.

29.02 - Le président du CIO Jacques Rogge confiant dans la force des JO

Le 28 février 2008, Jacques Rogge en visite officielle à Vancouver, ville organisatrice des JO d’hiver de 2010, a déclaré que le CIO travaillait pour "apporter à la Chine toutes les valeurs des JO". L’amélioration attendue en matière des droits de l’homme "ne sera pas immédiate, mais il y aura une influence positive des Jeux", a-t-il ajouté.

29.02 - Condoleezza Rice intervient sur les libertés d’expression et de confession, bafouées en Chine

Le 27 février 2008, Condoleezza Rice, reçue par le président chinois Hu Jintao et le Premier ministre Wen Jiabao, a soulevé la question des droits de l’homme, évoquant notamment la situation particulièrement préoccupante des prisonniers politiques, Hu Jia et Shi Tao.

Quelques heures plus tard, le gouvernement chinois a qualifié ces propos de "déplacés". "Les gouvernements étrangers ne doivent pas interférer dans la politique intérieure de la Chine, qui est un Etat de droit", a déclaré Liu Jianchao, porte-parole du gouvernement chinois.

29.02 - La France optimiste quant aux progrès des droits de l’homme occasionnés par les JO de Pékin

Les secrétaires d’Etat aux Droits de l’Homme, Rama Yade, et aux Sports, Bernard Laporte, ont déclaré dans une tribune publiée dans le Figaro, le 28 février 2008, que "les JO offrent une occasion unique, un tremplin pour enraciner en Chine plus fortement un Etat de droit et les libertés fondamentales". Ils se prononcent à ce titre contre un boycott des JO, qui ne pourra apporter des résultats concrets. Parmi les avancées juridiques souhaitées par la France figurent la ratification du Pacte des Nations unies relatif aux droits civils et politiques ainsi que l’amélioration des libertés individuelles et d’expression.

28.02 - Des millions de foyers menacés par le détournement des réserves d’eau vers Pékin pour les JO

L’ancien président du Comité consultatif politique du peuple chinois de la province du Shaanxi et ancien chef du Parti communiste du Shaanxi, An Qiyuan, a mis en garde les autorités, dans un entretien accordé au Financial Times, le 26 février 2008, contre les conséquences sociales et environnementales désastreuses d’une utilisation abusive des ressources en eau du pays.

An Qiyuan a demandé au pouvoir central d’offrir des compensations financières aux provinces dont les réserves en eau seront détournées vers Pékin en vue des Jeux olympiques. Il est peu courant qu’un haut dirigeant chinois critique aussi ouvertement la politique du gouvernement dans un média étranger.

L’immense projet de réacheminement de l’eau des provinces du Sud et du Centre vers celles plus arides et industrielles du Nord, dont le coût a été évalué à 40 milliards d’euros, doit permettre, entre autres, d’approvisionner la capitale en eau pendant les Jeux olympiques cet été. Un premier tronçon doit être prêt pour août prochain, alors que l’ensemble du projet doit être achevé en 2010. De nombreux experts ont critiqué un projet à court terme, qui privera les terres du Hubei et du Shaanxi de leurs ressources vitales en eau.

28.02 - Le Prix Nobel Gao Xingjian pense que les JO ne changeront pas la Chine

Gao Xingjian, Prix Nobel de littérature, écrivain français d’origine chinoise, a déclaré, le 27 février 2008, qu’il ne considérait pas les Jeux olympiques comme un vecteur de changement dans ce pays en mutation qu’est la Chine. Selon l’écrivain exilé, "la Chine [...] a déjà suffisamment de problèmes à résoudre". Les prises de position personnelles et les campagnes menées contre les Jeux auront une portée minime, autant de "protestations individuelles" impuissantes face à des "affaires de gouvernement".

28.02 - Appel des "Mères de Tiananmen" avant les JO

Le 28 février 2008, Human Rights in China a publié la lettre ouverte des "Mères de Tiananmen", association de familles des victimes de la répression de Tiananmen, adressée aux autorités chinoises à la veille des Jeux olympiques. Elles exhortent le gouvernement à considérer les demandes maintes fois réitérées des familles, à savoir, ouvrir une enquête et envisager des excuses et des compensations. "Est-il possible que le gouvernement soit à l’aise en autorisant des athlètes du monde entier à fouler un sol teinté de sang et à participer aux Jeux olympiques ?", ont-elles indiqué.

28.02 - La Coalition mondiale contre la peine de mort se mobilise à l’approche des JO de Pékin

La Coalition mondiale contre la peine de mort, qui réunit une soixantaine d’ONG internationales et de nombreux acteurs de la société civile pour l’abolition universelle de la peine capitale, a appelé les autorités chinoises à "prendre des mesures concrètes" pour mettre fin aux exécutions avant les Jeux de Pékin.

Le collectif a adressé, le 27 février 2008, une lettre ouverte au Congrès national du peuple, appelant la Chine à agir pour ne plus détenir le record mondial du nombre d’exécutions. La Coalition mondiale s’appuie sur les valeurs contenues dans la Charte olympique pour réclamer une accélération des réformes et la mise en place d’un moratoire, alors que les autorités chinoises ne publient toujours aucune statistique sur les condamnations et les exécutions. Selon diverses estimations, entre 5 000 et 12 000 personnes seraient exécutées chaque année en Chine.

La Coalition mondiale contre la peine de mort a lancé une pétition en ligne (www.worldcoalition.org) et participe au Collectif Chine JO 2008 pour la défense des droits de l’homme (pekin2008.rsfblog.org).

28.02 - Reprise du dialogue sur les droits de l’homme avec les Etats-Unis

La Chine a déclaré, par la voix de son ministre des Affaires étrangères, Yang Jiechi, qu’elle allait reprendre le dialogue sur les droits de l’homme avec les Etats-Unis, à l’issue d’une rencontre avec la secrétaire d’Etat américaine, Condoleeza Rice, le 26 février 2008, à Pékin.

La Chine avait suspendu les discussions sur les droits de l’homme en 2004, après que l’administration Bush avait présenté une résolution devant la Commission des droits de l’homme de l’ONU dénonçant les violations des droits de l’homme en Chine.

28.02 - Le ministère des Affaires étrangères s’élève contre les "amalgames politiques" après l’appel au boycott des Jeux par des opposants birmans

Le porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères, Liu Jianchao, a rappelé au cours d’une conférence de presse, le 26 février 2008, la volonté des autorités de ne pas voir interférer des questions politiques dans le déroulement des Jeux olympiques de Pékin.

Le porte-parole a réfuté les "amalgames politiques" concernant les JO, suite à l’appel au boycott des opposants birmans de la "Génération des étudiants de 88", pour protester contre le soutien du gouvernement chinois au régime militaire birman.

28.02 - "La Chine d’aujourd’hui est plus ouverte que la Russie de 1980", selon Juan Antonio Samaranch

L’ancien président du Comité international olympique (CIO), Juan Antonio Samaranch, a déclaré, le 26 février 2008, dans le quotidien sportif espagnol Marca, qu’ "il était plus risqué de donner les Jeux olympiques  à Moscou en 1980" qu’à la Chine en 2008.

"Le régime chinois était et reste plus ouvert que celui qui existait en Union soviétique à cette époque. Beaucoup plus. La Chine s’est ouverte et a considérablement changé. Elle a une bourse, des millionnaires ... un peu de tout", a-t-il ajouté.

Interrogé sur la question des droits de l’homme en Chine et le retrait du réalisateur américain Steven Spielberg de la préparation de la cérémonie d’ouverture des Jeux, en raison de la politique de la Chine à l’égard du Soudan et de la crise au Darfour, l’ancien président du CIO a répondu que "si on parle des droits de l’homme et de ce qui se passe en Chine, cela arrive dans beaucoup d’autres pays".

27.02 - Fermeture d’un site Internet sur le sida

Le site Aibowiki, créé en juillet 2007 par le défenseur des malades du sida, Chang Kun, n’est plus accessible depuis le 20 février 2008. Il abordait principalement les problèmes de discrimination envers les malades du sida. La fermeture fait suite à la publication d’un article, le 18 février, dans lequel Chang Kun exposait le litige d’expropriation dont a été victime son père, paysan dans la ville de Fuyang (province de l’Anhui).

Cette fermeture vient allonger la liste des forums et sites d’information sur le sida, tels que Ai Zhi Fang Zhou (www.chain.net.cn/forum) et Gan Dan Xiang Zhao, fermés par les autorités.

Les derniers chiffres publiés par le ministère de la Santé font état de 700 000 personnes porteuses du VIH ou séropositives sur le territoire chinois. En 2007, le nombre de contaminés a enregistré une hausse de 45% par rapport à 2006, alors que le nombre de séropositifs a augmenté de 24%.

25.02 - Des opposants birmans appellent au boycott des Jeux

Le 25 février 2008, l’un des principaux groupes d’opposants en Birmanie, "Génération des étudiants de 88", a appelé "tous les citoyens du monde à boycotter les retransmissions télévisées, les produits dérivés des Jeux olympiques, ainsi que les sponsors, pendant la durée des Jeux olympiques de Pékin". Leurs critiques portent sur le soutien du gouvernement chinois au régime militaire birman.

22.02 - Yang Chunlin victime de brimades lors de son procès

De graves abus ont été commis par les autorités de Jiamusi (Heilongjiang, Nord-Est) lors du procès de Yang Chunlin, ouvert le 19 février 2008. Il a été l’un des animateurs de la campagne "Nous voulons les droits de l’homme, pas les Jeux olympiques".

L’organisation Chinese Human Rights Defenders a notamment dénoncé le fait que le prisonnier d’opinion a été contraint de faire le trajet de sa cellule à la salle d’audience les pieds et mains liés. L’accusé n’a eu d’autres moyens que de se hisser et de rouler pour entrer à l’arrière du fourgon de police, sous le regard amusé des gardiens. Yang Chunlin avait également le visage recouvert par une cagoule noire. Sept gardiens l’ont escorté au tribunal : l’un d’eux retenait Yang par le cou.

Ses avocats, Li Fangping et Zhang Jianguo, indignés par ces mauvais traitements, ont obtenu du tribunal de lui détacher les membres le temps de l’audience. Selon eux, ces méthodes, utilisées notamment pour les condamnés à mort et les contre-révolutionnaires, ont pour but de terroriser l’accusé, ses proches, ses avocats et les témoins.

Incarcéré depuis le 6 juillet 2007, Yang Chunlin n’a eu droit qu’à une très courte visite de son avocat, le 25 octobre. Cette détention au secret laisse supposer d’autres mauvais traitements. Le militant a droit à une seule promenade par mois et il lui est interdit de recevoir de quoi lire ou écrire.

La Chine a adhéré en 1988 à certains traités internationaux bannissant les mauvais traitements.

21.02 - "Au-delà des Jeux olympiques, nous voulons l’amour et la justice", a déclaré un responsable de l’Eglise chrétienne chinoise

Le chef d’une Eglise protestante, Zhang Mingxuan, a lancé le slogan "Au-delà des Jeux olympiques, nous voulons l’amour et la justice", dans un message adressé à la communauté internationale.

Au cours d’un entretien accordé à Radio Free Asia, Zhang Mingxuan a fait le bilan de la répression à l’encontre des chrétiens chinois, accrue avant les Jeux olympiques de Pékin. Considérés comme des ennemis du Parti communiste, les fidèles, qui seraient plus de cent millions, n’ont ni la liberté d’exercer leur culte ni l’autorisation de diffuser leur foi à travers des organes de presse privés. Ils sont parfois soumis à des sanctions telles que le placement en centre de détention ou en camp de travail.

Le pasteur Zhang a rapporté qu’il avait été contraint de déménager à cinq reprises en deux mois. Il est suivi dans ses moindres mouvements et sa ligne téléphonique est placée sur écoutes.

Le père Zhang a déclaré être enthousiaste quant à la venue des Jeux olympiques sur le territoire chinois. "Ce sera l’occasion pour les chrétiens chinois d’entrer en contact avec des homologues d’autres pays", a ajouté Xu Yonghai, un membre actif de l’Eglise protestante.

20.02 - Le BOCOG enjoint les sponsors à ne pas céder à la pression

Le directrice du département marketing du Comité chinois d’organisation des Jeux olympiques, Yuan Bin, a déclaré lors d’une conférence de presse, le 20 février 2008, que les sponsors ne devaient pas céder à la pression des organisations internationales, notamment liées à la cause du Darfour. Les plus importants sponsors, Johnson & Jonhson, Volkswagen, General Electrics, Mac Donald’s et Coca-Cola, ainsi que la marque chinoise Lenovo ont été appelés à poursuivre leur engagement aux côtés des Jeux olympiques, au motif que "la politique ne doit pas être mêlée aux Olympiades ". Un responsable d’Adidas présent à la conférence, Li Zhinu, a ajouté que "la tradition des sponsors comme partenaires des Jeux olympiques ne serait pas affectée par les conditions spécifiques du pays organisateur".

20.02 - Le CIO autorise les athlètes à tenir un blog personnel

Le CIO a autorisé les athlètes à s’exprimer sur des blogs pendant les épreuves olympiques tout en imposant des règles d’utilisation strictes. Les blogs, utilisés à titre personnel et non dans un but journalistique, ne devront pas contenir de photographies ou de commentaires sur les autres sportifs.

Quant aux prises de position personnelles, celles-ci sont tenues de respecter la Charte olympique, qui interdit toute participation à des manifestations politiques. "Je ne pense pas qu’exprimer une opinion soit équivalent à une manifestation", a déclaré John Coates, le chef du comité olympique australien.

19.02 - Ouverture du procès de Yang Chunlin

Le procès de Yang Chunlin, l’un des promoteurs de la campagne "Nous voulons les droits de l’homme, pas les Jeux olympiques", s’est ouvert le 19 février 2008 dans la province du Heilongjiang (Nord-Est). Il a rejeté les accusations de "subversion du pouvoir d’Etat" et défendu son droit constitutionnel à critiquer le gouvernement. Son avocat Li Fangping a déclaré à l’agence Reuters qu’il "n’attendait pas de verdict le premier jour de l’audience".

15.02 - La Chine réagit vivement à la décision de Steven Spielberg

Le 14 février 2008, des médias officiels chinois ont accusé les pays occidentaux de se servir des Jeux olympiques pour épingler la Chine sur la question des droits de l’homme. Les désistements successifs, notamment celui du réalisateur Steven Spielberg le 13 février, en raison du rôle de la Chine dans le conflit au Darfour, ont indigné les autorités chinoises. La presse chinoise n’a pas évoqué le retrait de Steven Spielberg.

L’ambassade de Chine à Washington déplore un "traitement injuste, irraisonnable et irresponsable de l’information", qui, selon Global Times, un journal officiel, provoque "l’indignation et le dégoût des citoyens chinois".

Pékin déplore un amalgame entretenu par des ONG ou des personnalités étrangères et maintient ses affirmations sur son rôle pacifique au Soudan.

Au même moment, la secrétaire d’Etat américaine, Condoleezza Rice ainsi que la secrétaire d’Etat aux Jeux olympiques britannique, Tessa Jowell, se sont prononcées contre le boycott des JO, précisant que chacun était libre ou non d’y assister.

13.02 - Le procès de Yang Chunlin doit s’ouvrir le 19 février

Le défenseur des droits de l’homme Yang Chunlin, détenu depuis juillet 2007 pour avoir participé à la campagne "Nous voulons les droits de l’homme, pas les Jeux olympiques", devrait être jugé le 19 février prochain.

Son avocat, Li Fangping, craint qu’il ne soit reconnu coupable d’"incitation à la subversion du pouvoir de l’Etat". Yu Changwu et Wang Guilin, également impliqués dans la campagne, ont été condamnés en janvier 2008 à des peines de rééducation par le travail.

La soeur du militant, Yang Chunping, a déclaré qu’il n’avait reçu aucune visite de sa famille depuis son arrestation. Elle craint de ne pas pouvoir à assister aux audiences, au motif qu’il s’agit d’une affaire incluant des "secrets d’Etat".

13.02 - Steven Spielberg se retire de la fête olympique

Le réalisateur américain Steven Spielberg a annoncé, le 12 février 2008, qu’il n’honorerait finalement pas son engagement professionnel en vue de la préparation de la cérémonie d’ouverture des Jeux olympiques de Pékin. Cette prise de position rejoint celle de l’actrice américaine Mia Farrow, qui s’est récemment indignée de ce que "Pékin puisse être le théâtre des Jeux olympiques, tout en étant responsable d’un génocide [au Darfour]".

Cette décision intervient alors que Steven Spielberg avait déjà commencé une collaboration artistique, notamment aux côtés du réalisateur chinois Zhang Yimou. Le réalisateur américain considère la Chine comme un "acteur essentiel dans la résolution du conflit au Darfour" et les "Jeux de Pékin comme un moyen de rapprocher les peuples entre eux, malgré tout".

La porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères, Jiang Yu, avait condamné, le 24 janvier, toute tentative de politisation des Jeux en relation avec le rôle de la Chine au Darfour.

12.02 - Les athlètes norvégiens et suédois sensibilisés aux droits de l’homme

Le comité olympique norvégien a déclaré, le 11 février 2008, qu’il encourageait ses athlètes à s’informer et à exprimer leurs vues sur la situation en Chine. Le porte-parole du comité, Martin Hafsahl, a souhaité que les athlètes soient "mieux armés pour affronter la réalité". Au programme habituel de formation préolympique se sont greffés deux séminaires sur les droits de l’homme, basés sur des compilations d’informations provenant d’organisations non gouvernementales. Le 12 février, le comité olympique suédois a annoncé qu’il allait mener un programme similaire.

12.02 - Le cyberdissident Jin Haike privé des soins appropriés à son état

La famille du cyberdissident Jin Haike, condamné à dix de prison en même temps que Yang Zili, est très préoccupée par son état de santé. Reporters sans frontières s’associe à son avocat, Li Jianqiang, qui a demandé une libération de son client pour raisons médicales.

Jin Haike a récemment subi une opération tardive de l’ablation de l’appendice, mais il souffre de douleurs abdominales inexpliquées. Les autorités de la prison n°2 de Pékin ainsi que les docteurs qui l’ont opéré se refusent à livrer un diagnostic. Récemment, son père, Jin Jianguo, a pu le rencontrer et l’a trouvé « affaibli ».

L’avocat a évoqué un autre cas similaire, celui de l’écrivain Li Hong, incarcéré à Ningbo, dont l’état de santé nécessite des soins.

En novembre 2003, Jin Haike, accusé d’incitation à la subversion du pouvoir d’Etat, a été condamné à une peine de dix ans de prison, aux côtés de Yang Zili, Zhang Honghai et Xu Wei.

07.02 - Mobilisation des Parisiens

Le vendredi 8 février à 12h, dans un quartier très passant de la capitale, les militants de Reporters sans frontières proposeront aux Parisiens de se faire photographier avec le t-shirt de la campagne « Pékin 2008 », représentant les anneaux olympiques en forme de menottes.

Le rendez-vous est donné au métro Havre Caumartin, au niveau du 50/56 de la rue Caumartin (piétonne). Dans le 9e arrondissement.

06.02 - Le militant des droits de l’homme Wang Guilin condamné à la rééducation par le travail

Wang Guilin, défenseur des droits de l’homme, qui a participé à la campagne "Nous voulons les droits de l’homme, pas les Jeux olympiques", a été condamné, le 28 janvier 2008, à 18 mois de rééducation par le travail forcé. La famille de Wang a été informée, le 5 février, de la décision émanant de la police du Heilongjiang (Nord-Est).

05.02 - Rama Yade intervient en faveur de Hu Jia

La secrétaire d’Etat aux droits de l’homme Rama Yade a affirmé, le 4 février 2008, être intervenue auprès des autorités chinoises en faveur du dissident Hu Jia qui a été inculpé, le 30 janvier, pour "incitation à la subversion". "Je suis intervenue personnellement auprès des autorités chinoises pour faire part de ma préoccupation et pour former le vœu d’une libération rapide", a assuré Rama Yade qui souhaite que Pékin "entende cet appel amical".

29.01 - Morts d’ouvriers sur les chantiers olympiques : chiffres revus à la baisse par les autorités

Alors que le CIO souligne une amélioration des conditions de travail des ouvriers employés sur les sites olympiques, le journal britannique Sunday Times a révélé le passage sous silence d’accidents sur les chantiers. Selon le quotidien, une dizaine d’ouvriers sont morts rien que sur le site du stade national. Des milliers de travailleurs migrants anonymes interviennent dans la construction ou la rénovation des soixante-seize sites sportifs de Pékin. Lors d’une conférence de presse tenue le 28 janvier, le chef du Bureau de la sécurité du travail de Pékin, Ding Zhenkuan, a coupé court aux estimations britanniques en faisant état de six décès. Il s’agit de la première parution officielle de chiffres qui sont bien moindres que ceux communiqués par les organisateurs des JO d’Athènes.

28.01 - Le prince Charles n’assistera pas à la cérémonie d’ouverture des Jeux olympiques

Dans une lettre rendue publique le 28 janvier 2008, le Prince de Galles a déclaré qu’il n’assistera pas à la cérémonie d’ouverture des Jeux olympiques de Pékin en août prochain. Cette prise de position fait suite à un courrier que lui avait adressé le groupe Free Tibet pour lui demander de ne pas assister aux Jeux. Clive Alderton, secrétaire adjoint du prince, a confirmé : "Comme vous le savez, son altesse royale s’intéresse de près et depuis longtemps au Tibet. (...) Il n’assistera pas à la cérémonie".

Wang Hui, porte-parole du Comité d’Organisation des Jeux (BOCOG) a déploré cette décision en estimant qu’"un boycott des Jeux olympiques serait injuste. Les Jeux de Pékin appartiennent à tout le monde".

Posté par rude_roazhon à 13:45 - PEKIN 2008 : LES JEUX DE LA HONTE - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

CIO : LE DOCUMENT DE LA HONTE !

PEKIN_2008

Flamme olympique : un document confidentiel du CIO sous-estime l’ampleur de la mobilisation internationale contre les violations des droits de l’homme

            

Reporters sans frontières a obtenu copie d’un document confidentiel rédigé par le service de communication du Comité international olympique (CIO) sur le relais de la torche. Daté du 26 mars 2008, soit deux jours après la manifestation de Reporters sans frontières pendant la cérémonie d’allumage de la flamme à Olympie, ce mémo reconnaît que le mouvement olympique risque d’affronter des "incidents" ou des "crises", mais sous-estime la mobilisation qui s’est finalement tenue dans les rues de Londres et de Paris.

"Alors que le mouvement olympique est face à une crise historique, Reporters sans frontières est choquée par le cynisme dont fait preuve le CIO dans ce document. Nous attendons aujourd’hui des décisions fortes de la part du mouvement olympique pour demander aux autorités chinoises de libérer des prisonniers politiques, et garantir une liberté totale de la presse dans le pays", a déclaré l’organisation.

Dans le document de 26 pages barré de la mention "Confidentiel", le CIO affirme avoir élaboré avec le Beijing Organisation Committee Olympic Games (BOCOG) des "protocoles de réponse" en cas de crise. Les destinataires de la note, notamment les comités olympiques nationaux, sont priés de suivre les indications quand ils répondent à la presse ou aux groupes de pression.

La responsable de la communication du CIO, Giselle Davies, tente de définir une crise en ces termes : "Un événement ou une série d’événements qui pourraient potentiellement conduire à l’interruption ou l’annulation d’un passage de la torche, ou sérieusement affecter l’image du CIO et du mouvement olympique." L’exemple cité est celui d’une attaque terroriste pendant le relais.

Le CIO conseille à ses membres, aux comités olympiques nationaux, aux fédérations sportives et aux partenaires olympiques d’être "humbles" et "honnêtes" pour ne pas se retrouver sur la défensive face aux questions des journalistes. "Le CIO doit toujours rappeler aux journalistes et lobbies que l’influence du CIO se limite au domaine sportif", martèle le document.

Le relais intitulé par les Chinois "Le voyage de l’harmonie" est présenté par le CIO comme le plus "ambitieux" depuis le début des Jeux modernes. La note insiste bien sur le fait que le BOCOG a la charge de l’organisation du passage de la flamme en coordination avec les autorités locales.

La liste des problèmes susceptibles de survenir lors du passage de la flamme fait référence à la "Sécurité des porteurs et des spectateurs, le terrorisme, les manifestations, le Mont Everest, le Tibet, Taiwan et la place Tiananmen". Elle montre combien la question des droits de l’homme et du Tibet sont au centre des Jeux olympiques de Pékin, malgré les dénégations des autorités chinoises. Le CIO n’apporte jamais de réponses sur le fond, et se contente de donner des consignes plus ou moins calquées sur la propagande chinoise qui rejette toute politisation des JO.

On apprend que le passage de la flamme au sommet de l’Everest est perçu par le CIO comme une occasion d’apporter une "nouvelle signification à la devise olympique : plus vite, plus haut, plus fort". Et d’ajouter : "Amener la torche en haut de l’Everest symbolise qu’il n’y a pas de limites pour atteindre les valeurs olympiques."

A propos de cette ascension controversée, le CIO affirme respecter le droit des manifestants, mais précise que le "BOCOG et les autorités locales n’hésiteront pas le long du parcours à agir quand la sécurité du porteur de la torche et de l’équipe d’ascension sera en jeu". Plus généralement, l’organisation basée à Lausanne "refuse d’interférer dans les actions jugées nécessaires par les autorités locales pour maintenir l’ordre public."

Pour justifier la tenue d’une cérémonie en honneur de la flamme sur la place Tiananmen, le CIO précise qu’il s’agit de l’une des "plus fameuses places publiques du monde" et se décharge sur les organisateurs pékinois pour la décision d’en avoir fait le point de départ du marathon. "Le CIO est une organisation sportive. Il n’est pas approprié pour nous de commander l’utilisation de sites qui ont une signification historique et politique", précise la note qui, encore une fois, insiste sur le message d’harmonie et d’humanité représenté par la flamme olympique.

Conscients des enjeux, le CIO et le BOCOG proposent des exemples d’"incidents" pendant le parcours. En cas de manifestations, les deux organisations affirmeront aux médias qu’il est normal que certains groupes utilisent le passage de la flamme pour "placer leur cause sous les feux de l’actualité offerts par les Jeux olympiques de Pékin".

Si pendant la fin du parcours, des familles de "disparus" manifestent, il est recommandé de répondre que l’on partage les préoccupations des proches et que l’on espère que les autorités chinoises feront la lumière. Il est une nouvelle fois demandé de rejeter la responsabilité sur les organisations de droits de l’homme qui utilisent les JO pour parler de leur cause. En cas de "crise extrême", le CIO et le BOCOG suggèrent de ne pas faire de commentaires ou, comble du cynisme, d’exprimer leurs condoléances aux victimes s’il y en a.

Afin d’aider les différents acteurs du mouvement olympique à gérer un incident ou une crise, le document annonce la mise en place d’une équipe de gestion de crise (Crisis Management Team) sous l’autorité de Jacques Rogge. Mais il est bien précisé que le BOCOG a la "charge de prendre les actions nécessaires sur le terrain".

Enfin, le document réitère la nécessité de ne pas interférer dans les affaires internes de la Chine : "Le CIO estime qu’il n’est pas approprié de mettre en cause les règles et les lois d’un pays (...) Ce qui ne veut pas dire pour autant que le CIO ne soutient pas la liberté d’expression."

"Ce n’est pas en empêchant les athlètes, notamment français, de s’exprimer que le président Jacques Rogge va sortir ces olympiades de la situation déplorable actuelle. Au contraire, il doit convaincre les autorités de Pékin de modifier profondément leur attitude. Nous estimons qu’il n’est plus l’heure d’écrire, comme c’est le cas dans ce document, que les prises de position critiques vis-à-vis de la Chine vont seulement créer du ’ressentiment et des complications’. L’heure est à l’action pour sauver ce qu’il reste de l’esprit olympique", a estimé l’organisation.

                         

Posté par rude_roazhon à 13:30 - PEKIN 2008 : LES JEUX DE LA HONTE - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

27 mars 2008

PEKIN 2008 : CAMPAGNE REPORTERS SANS FRONTIERES

PEKIN_2008


                                      

Six mois avant les Jeux olympiques, la répression continue



                                   

Le 13 juillet 2001, le Comité olympique international (CIO) attribuait l’organisation des Jeux olympiques d’été de 2008 à Pékin. Parallèlement, la police chinoise intensifiait la répression contre les éléments subversifs de la société, notamment les internautes et les journalistes. Six ans plus tard, rien n’a changé. Et malgré cette absence de progrès significatifs en matière de liberté d’expression et de droits de l’homme en Chine, les membres du CIO restent sourds aux appels répétés des organisations internationales qui dénoncent l’ampleur de la répression.

Reporters sans frontières s’est prononcée, dès le début, contre l’attribution des JO à Pékin. Six mois avant la cérémonie d’ouverture, l’organisation rappelle que les médias et Internet sont toujours vus par le gouvernement chinois comme l’un des secteurs stratégiques à ne pas abandonner aux "forces hostiles" dénoncées par le président Hu Jintao. Le Département de la publicité, celui de la sécurité publique et la cyberpolice, bastions des conservateurs, sont chargés de faire scrupuleusement appliquer la censure.

Une trentaine de journalistes et une cinquantaine d’internautes sont actuellement emprisonnés en Chine. Certains depuis les années 1980. Le gouvernement bloque des milliers de sites Internet d’informations. Les programmes en chinois, tibétain et ouïghour d’une dizaine de radios internationales sont brouillés. Après les sites Internet et les forums de discussion, les autorités se concentrent désormais sur les blogs et les sites permettant l’échange de vidéos. Les outils de blogs du pays incluent tous des filtres qui bloquent les mots clefs jugés "subversifs" par les censeurs. La loi sanctionne lourdement la "divulgation de secrets d’Etat", la "subversion" et la "diffamation", autant d’accusations régulièrement utilisées pour faire taire les voix les plus critiques. Bien que les mesures encadrant le travail des journalistes étrangers aient été assouplies, il est toujours impossible pour les médias internationaux d’employer des journalistes chinois, ou de se déplacer librement au Tibet et au Xinjiang.

Des promesses jamais tenues

Pour obtenir l’organisation des JO, les autorités chinoises ont promis au CIO et à la communauté internationale des améliorations concrètes dans le domaine des droits de l’homme. Mais une fois la victoire acquise, le ton a changé. Le vice-Premier ministre de l’époque Li Lanqing a, par exemple, affirmé, quatre jours après le vote du CIO, en 2001, que la "victoire olympique de la Chine" devait inciter le pays à préserver sa "vie saine" en luttant notamment contre le mouvement spirituel Falungong qui a "attisé l’insécurité". Au moins cent adeptes du Falungong sont morts en détention depuis l’interdiction du mouvement et plusieurs milliers d’autres sont emprisonnés.

Un peu plus tard, c’était au tour de Hu Jintao, le vice-président chinois de l’époque et actuel président, d’affirmer qu’après le "triomphe" de Pékin, il était "primordial de lutter sans équivoque contre les activités séparatistes orchestrées par le dalaï-lama et les forces antichinoises dans le monde". Dans l’ouest du pays, où vit une forte minorité musulmane, les autorités de la province du Xinjiang ont exécuté des Ouighours accusés de "séparatisme".

Enfin, la police et la justice ont reçu l’ordre de poursuivre la campagne "Frapper fort" contre la délinquance. Plusieurs milliers de Chinois sont exécutés, chaque année, d’une balle dans la nuque ou d’une injection létale, en public, parfois dans des stades.

Le CIO ne peut plus rester muet

Les gouvernements des Etats démocratiques qui espèrent encore que "les JO permettront d’améliorer la situation des droits de l’homme en Chine" se trompent. Le "dialogue constructif" prôné par certains ne mène à rien.

Au cours de ces sept dernières années, la répression envers les journalistes et les cyberdissidents n’a pas diminué. Et tout laisse penser que cela va continuer. Le CIO a investi le régime chinois d’une tâche qu’il va exécuter avec zèle : "organiser des JO sécurisés". Pour Pékin, cela signifie davantage d’arrestations de dissidents, plus de censure et aucun mouvement de contestation sociale.

Il n’est pas question de gâcher la fête, ni de prendre en otages les JO. C’est la Chine, au contraire, qui a pris en otages les Jeux et l’esprit olympique, avec la complicité du CIO. Le mouvement sportif mondial doit maintenant donner de la voix pour que les Chinois bénéficient enfin des libertés qu’ils réclament depuis des années. La Charte olympique stipule que le sport doit être mis "au service du développement harmonieux de l’homme, en vue d’encourager l’établissement d’une société pacifique, soucieuse de préserver la dignité humaine". Les athlètes et les amateurs de sport ont le droit et le devoir de défendre cette Charte. Le CIO doit faire preuve de courage et tout faire pour que les valeurs de l’olympisme ne soient pas allègrement bafouées par les organisateurs chinois.

Le CIO est aujourd’hui le mieux placé pour exiger du gouvernement chinois des gages de bonne volonté. L’instance olympique doit exiger de Pékin que la situation des droits de l’homme s’améliore de manière notable avant la cérémonie d’ouverture du 8 août 2008.

Et le CIO ne doit pas céder devant les intérêts économiques de tous ceux qui considèrent que la Chine est un marché essentiel et que rien ne doit empêcher d’y faire des affaires.

Pas de Jeux olympiques sans démocratie !

Reporters sans frontières demande aux Comités nationaux olympiques, au CIO, aux athlètes, à tous les amoureux du sport et aux défenseurs des droits de l’homme d’exprimer publiquement leur inquiétude face aux innombrables violations de toutes les libertés fondamentales en Chine populaire.

Après la désignation de Pékin en 2001, Harry Wu, dissident chinois qui a passé dix-neuf ans dans les prisons de son pays, a déclaré qu’il regrettait profondément que la Chine n’ait "pas l’honneur et la récompense d’accueillir les Jeux olympiques en pays démocratique".

"Politiquement, une grave erreur ; humainement, une bassesse ; juridiquement, un crime." Le cri d’indignation lancé par le dissident russe Vladimir Boukovski contre la tenue des JO à Moscou en 1980, reste d’actualité en 2008.

SOUTENEZ LA CAMPAGNE , COMMANDEZ LE T-SHIRT !

visu_teeshirt_fr

100% coton
Imprimé en France / Tissé au Bangladesh
Prix : 25 €

               


Posté par rude_roazhon à 19:31 - PEKIN 2008 : LES JEUX DE LA HONTE - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Tibet : des moines perturbent l'opération de communication chinoise

Tibet : des moines perturbent l'opération de communication chinoise

moine


Depuis le 10 mars dernier, voici plus de deux semaines, les moines tibétains ne désarment pas malgré la répression qui s'est abattue sur leur mouvement de protestation. Jeudi matin, quelques dizaines de moines ont interrompu les propos qu'un dirigeant local chinois tenait devant des journalistes, pourtant invités par Pékin pour montrer que le calme était revenu à Lhassa. Ces moines, issus de l'un des monastères les plus visités de la capitale tibétaine, ont accusé Pékin de mentir et d'essayer de manipuler la presse.

 

Ironie du sort: c'est la même critique que Pékin adresse à la presse internationale, accusée de donner trop de poids aux événements du Tibet. Jeudi matin encore sont parvenus de nouveaux témoignages selon lesquels les arrestations se poursuivaient à Lhassa alors que les nombreux monastères du sud-ouest de la Chine étaient l'objet d'une sévère surveillance.

 

Quant à la communauté internationale, elle essaye péniblement de définir sa position face à ces événements. Le président Bush a téléphoné à son homologue chinois mercredi, l'appelant à ouvrir le dialogue avec le Dalaï Lama.

Posté par rude_roazhon à 19:26 - PEKIN 2008 : LES JEUX DE LA HONTE - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
« Accueil  1